Lundi 28 juillet 2008

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Les sardines de par chez moi
Ont cette particularité
De nager souvent en nuit profonde.


Il s'agit d'une forme très rare
De poisson méditant ruminant


Du genre qui brille et virevolte
Se fait remarquer et jamais oublier


Mais n'est lui-même
Qu'en hauts-fonds
Dans les fosses abyssales
De cette Mer entre les Terres


Bien au fond
Dans le silence
L'obscurité
Palpitante de luminosité
Impalpable.



Puis le temps vient de remonter
Defier les grands gabians blancs.



Danser en bancs serrés
Où la lumière rebondit

Et sourire au ciel d'émail persan.




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Par C'est Elle - Publié dans : Marsehla
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Dimanche 20 juillet 2008
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Je voudrais la colère tournoyante
Du chaman

Les bras au ciel 
Hurler la rage des hommes
Et provoquer la terre

Sous mes talons
La marteler

A ma voix déchirée
Faire silence au vent

Mettre mes morts
Au ventre des pierres

Peindre le voyage
D'ocre rouge

Et revenir au temps
De la vie.


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http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/lux-b-est-mort-le-massilia-sound-system-est-en-deuil




                                      









Par C'est Elle - Publié dans : Mémoires vives
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Jeudi 17 juillet 2008
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Je n’avais pas vingt ans

Il en avait dix-huit

Le sourire de Ruppert Everet

Et le caractère d’un cochon ardennais

Du premier jour il fût  mon ami

Ne pouvant être mon amant.

 

 

Je lui dois le regard le moins indulgent

La critique la plus tranchée

La présence infinie

L’amitié la plus ferme

Et la moins aveugle

Mon frère et mon témoin.

 

Mais ce que je n’aime pas,

Mais alors pas du tout,

C’est son adresse depuis plus de dix ans,

 

http://www.arue.pf/articles.php?id=4


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Par C'est Elle - Publié dans : Leis autres
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Mardi 15 juillet 2008
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Je n'ai de loin pas la tête de mon nom 
Je n'ai jamais pu l'ignorer.
Trop de ceci, pas assez de cela,
D'où tu viens et pourquoi t'es là ?
A force, tu veux répondre
Et comprendre toi aussi
Pourquoi tu n'as pas
La tête de ton nom.

Et c'est comme ça que tu te retrouve
A essayer de démêler les chemins
De ceux d'avant toi.

De Damas en Espagne
Des Aurès aux montagnes des Vosges
Du verriers alsaciens aux paysans secs
plus noirs qu'une olive

J'ai de tout en moi
Et des ligures, des wisigoths et des vikings
Des omeyhades et des almohades
Des ibères et des celtes
Sans doute quelques carthaginois
Trois gouttes juives et une lampée
De romains et de slaves

Coup de pot, je suis née ici,
Aux confluents de tous les courants
Aux finistères de ce monde
Là où, bon gré mal gré,
Toutes les idées, tous les sangs
Sont arrivés un jour.

Alors oui, c'est un foutoir sans nom,
Nous passons plus que d'autres
Notre temps à nous définir 
A nous penser
A nous disputer
A nous parler
A nous regarder le nombril aussi

Mais nous le faisons ensemble
Et c'est déjà pas si mal.

A nous maintenant de faire mieux.



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Par C'est Elle - Publié dans : Mémoires vives
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Vendredi 11 juillet 2008
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Je n'ai pas l'intention de vous bassiner en permanence avec ma nombreuse famille ( qu'encore qu'il y aurait de quoi faire )  mais là, faut que je vous dises un truc.

Oui, il me faut bien l'avouer, ma maman à moi, c'est John McEnroe.

Enfin, disons que si ce n'est pas exactement lui, elle doit appartenir à la même secte.

Ou alors, ils ont subis tout les deux  les effets les mêmes radiations de kryptonite.

Ou alors, je comprends pas.

J'explique en deux mots mon trouble :

Ma maman, elle va sur ses 73 ans.

A première vue, elle a l'air normale.

Et très belle.

En gros, vous prenez Sophia Loren, vous lui enlevez dix centimètres en hauteur, vous gardez les mensurations de poitrine, de hanches et de de taille, et vous obtenez ma maman.

Bon, dans vot' p'tite tête, vous n'oubliez pas que nous parlons de Sophia Loren à 73 ans.

Cette petite dame, a vécu une guerre mondiale, une guerre civile de sept ans, un exil, trois grossesses, des deuils à la pelle, une agression violente avec col du fémur en l'air, un veuvage et quelques autres menus problèmes au cours de sa vie.

Elle a donc, trois enfants, cinq petits enfants, trois soeurs et deux beaux-frères, un autre beau-frère et deux belles soeurs et une quantité proprement anormale de plantes vertes dans son chez-soi.

 

Rien d'extraordinaire.

 

Ce qui la rend légèrement différente de la moyenne, c'est l'inversion des anniversaires.

 

Elle rajeunit tous les ans.

 

 

Comme John McEnroe.

 

Entendons-nous bien, chaque mois de juillet lui apporte une année de plus.

 

 

Et lui enlève au passage une couche de d'ombre de devant les yeux.

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 Je la sens de plus en plus en paix avec elle-même et l'indulgence, l'ouverture  face au monde qui nait de cette paix est si rayonnante qu'elle touche tout ce qu'elle approche.

 

Elle prend tout ce qui passe.

Elle sait que rien ne doit être perdu.

Qu'il ne sert à rien de gâcher son temps sous le fallacieux pretexte du chagrin ou de la solitude.

 

Le chagrin, tu fais avec.

Et si tu ne le mets pas au dessus  du vivant,

il accroit l'urgence de chaque instant.

 

Dans sa solitude,

elle déploie une science de la perfection de l'immédiat

étonnante.

 

Chaque  geste quotidien est magnifié par le soin qu'elle apporte à le vivre.

 

Et le regard porté sur ce qui l'entoure s'ouvre chaque jour un peu plus.

 

Là où d'autres se rancissent dans la fatuité de l'expérience, elle ouvre des yeux comme de soucoupes et n'attend que d'être étonnée.

 

Elle a compris que la meilleure façon de vieillir était de se devoir d'être heureux.

 

Qu'il s'agissait autant  de survie que d'élègance.

 

Et quand on est Sophia Loren et que l'on a plus de patate que McEnroe,

 

l'élègance, on choisit pas.

 

On incarne.

 

 


Par C'est Elle - Publié dans : Leis autres
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Vendredi 11 juillet 2008
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Mais, du plus loin que je me souvienne,
l'image de femme qui me boulevers
m'identifie,
c'est celle-là :


 La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.



(...)



cherchez le reste, ça en vaut la peine...



Non, je ne dirai pas qui est l'auteur !
C'est quoi cette histoire ?
Si vous ne connaissez pas,
vous devez reconnaitre le style quand même !

allez, j'vous aide, bande de ...,
son p'tit nom c'est Charles.
Par C'est Elle
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Mardi 8 juillet 2008
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Si je promets de n’avoir à ton endroit

aucune pensée respectable,

une conduite fort reprochable,

des intentions impures

et  des idées plein l’arrière-tête,

accepterais-tu de dîner

avec moi ?



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Par C'est Elle - Publié dans : D'un Autre Temps
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Mardi 8 juillet 2008
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Ma Longue Dame Brune à moi

ne chante pas

ou tard le soir

et ça beugle un peu.

Comme l'Autre, la Vraie,

elle a les cheveux courts

noirs d'un noir d'Espagne

et les yeux tout verts

translucides.

La peau en porcelaine anglaise

de petites tâches rousses à l'angle des pommettes.

La bouche en est presque indécente de carmin dans tout ce pâle.

Aux coins des yeux, y'a des p'tits traits légers

coquins plissés

et des lignes de vie fluctuantes

se creusent parfois dans ses joues.

 

Ma Longue Dame Brune à moi

n'est pas silencieuse

ni calme

ni toujours très douce

Elle a des grands pieds et des grandes mains

très grandes

avec des ongles solides et courts

du genre qui s'accrochent

comme ses dents

du genre qui croquent

et ne laissent rien passer

qu'elle n'ai goûté.

Avec ses grands bras

elle mouline l'air

autour d'elle.

Quand elle est là

on ne remarque plus personne autour.

Elle brasse, tourne, vire et repart

un mouvement perpétuel

dans une envolée de jupes et de foulards.

 

Ma Longue Dame Brune à moi,

porte toujours sa maison dans son sac

dans ses sacs

des gros, des p'tits, des jolis, des pas beaux

des sacs

des tas de sacs

avec des tas de choses dedans.

 

Ma longue Dame Brune à moi,

j'aimerai parfois qu'elle me mette

dans un de ses sacs

à l'abri

au chaud dans son fourbi

qu'elle me garde à jamais

avec elle

et surtout

surtout

 

je veux pas qu'elle meure

avant moi



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Par C'est Elle - Publié dans : Leis autres
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Mardi 8 juillet 2008
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Chaque jour, je parle à une soixantaine de personnes.

Parfois plus.

Elles sont aimables, souvent intelligentes et drôles.

Le souci, c’est qu’elles sont mes clients non mes amis et que nos échanges ne durent guère plus de quelques minutes.

 

La parole a toujours été importante dans ma vie.

En revanche, je suis absolument nulle en matière de lien social.

Je ne sais pas entretenir de relations superficielles et légères.

 

L’un de mes amis proches m’a dit récemment que l’impudeur de ma parole l’avait sidéré lors de nos premières rencontres puis qu’il s’y était fait.

 

C’est vrai que je ne me rends pas bien compte de ce que ma parole provoque.

J’ai toujours parlé sans barrière, même enfant, et je comprends mieux maintenant pourquoi les adultes avaient des réactions fortes avec moi.

 

Le cheminement de l’esprit, les associations d’idées, les rappels de la mémoire qui se croisent,

Comment garder tout cela dans ma tête sans qu’elle explose ? Je n’avais pas trouvé d’autre solution que de dire, dire sans cesse et sans précautions.

 

J’ai lu dès que je l’ai pu tout ce qui pouvait me tomber sous la main.

Ma mémoire ne triait rien, retenait tout.

J’allais vers les autres pleine de tout ce qui se bousculait en moi.

 

Et je parlais.

 

Je parlais sans arrêt, sans reprendre mon souffle, je parlais sans but, sans raison, de tout et de son contraire.

 

Mais jamais légèrement.

 

Il me semblait toujours être vital de communiquer ce que je venais de découvrir ou d’imaginer, ce qui m’enthousiasmait là, tout de suite et toutes affaires cessantes.

 

Au fil des années très peu de gens ont pu supporter cette absence de retenue, cette ignorance des limites et des tabous.

 

J’ai blessé et apeuré des gens bien qui ne le méritait pas par simple plaisir des mots et des idées qui s’emboîtent  déboîtent des unes aux autres.

 

En porte à faux à travers les années j’ai accumulé les malentendus et les malaises.

 

J’ai fini par comprendre ce qui me poussait à parler et m’empêchait d’écrire.

Je vais mieux, je contrôle plus.

Rien n’est gagné mais les choses avancent.

Il était temps.

 

 
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Par C'est Elle - Publié dans : Mémoires vives
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Mardi 8 juillet 2008

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Les femmes de ma vie ont la hanche creusée
La taille usée de siècles d'enfants accrochés à leur flanc.

Elles ont le pas chaloupé de la porteuse d'eau
Le geste délicat des veilleuses de malades

Et la force infinie de qui sait le temps de l'attente.





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Par C'est Elle - Publié dans : Leis autres
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