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"Tout est dans le "ne rien attendre en retour", et pour l'échange des corps, du coup, ne rien attendre en retour, c'est juste pas possible...! :-) "
Voilà
Ces mots-là
Lus, entendus, devinés dans les pensées
Devant moi
Depuis des années
Ils reviennent
Avec la régularité
Des moustiques au mois de juillet
Dès que je dis
Dès que j'explique
Dès que je raconte
Faut que je justifie
Que je défende
Que j'argumente
J'fatigue parfois
Il y a cent ans
J'aurais été un exemple de convention sociale
Aujourd'hui
Je suis une anomalie à la limite du pathologique
Dans les deux cas
J' me défile
J'suis rien du tout
J'me pose pas en théorie
Les corps des hommes
Je les ai aimés plus que de raison
Je les aime encore chaque jour un peu plus
Et je m'en passe
Comme je me passe de voyager
C'est pas pour ça
Que je n'aimerai pas
Comme tout le monde
Voir
La rosée sur la steppe mongole
Les étoiles au bord d'un lagon
Et les rues grouillantes d'Helsinki en pleine nuit d'été
Mais je n'y vais pas
Pas envie de partir juste pour ça
Pas envie de dépenser du kérosène
Pour mon petit nombril
Quand je suis partie
C'était comme ça
Sans savoir ce qui me poussait
Mais ce n'était jamais
La seule recherche de mon plaisir
Je n'ai pas besoin de n'importe quel corps
Juste pour satisfaire le mien
Si ce n'est que ça
L'autonomie me va très bien
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Par C'est Elle
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Bien
Puisque tout le monde suit
Que vous avez enfin compris
De quoi que je cause
Allons-y
Donc Ginette
Et Marcel
Etudions de suite le premier cas de figure, celui où Marcel pête un câble :
Disons qu'ils vivent ensemble depuis genre dix ou vingt ans
Et qui ayant fait le tour de leur couple se séparent
Et là
De suite
Une énorme différence apparait :
Dans la plupart des cas Marcel préferera faire l'autruche et attendre en bouffant des chips sur son canapé que le temps s'écoule et que personne ne vienne le faire chier.
Ginette par contre supporte mal la fin de son Grand Amour et ne conçoit pas de rester à laver les chaussettes d'un bonhomme qui franchement ressemble de plus en plus à un
ectoplasme qu'au prince de ses vingt ans.
Vous me direz, y'a qu'en même pas que des femmes pour prendre la décision de partir, non ?
Ben, dans la plupart des cas, si.
Parce que tout changer, tout quitter et essayer d'aller vers autre chose, c'est fatiguant, éprouvant et angoissant.
Et que Marcel, l'angoisse c'est pas son truc.
Vaut bien mieux attendre que ça se passe et profiter du canapé.
Et de la cuisine, de la lessive, de la garde d'enfants et de la gestion administrative de la famille.
Parce que soyons lucides : garder les enfants, remplir le frigo quand il est vide, vider l'évier et passer la serpillère, hein, c'est quand même pas très viril.
Et Marcel, sa virilité, il y tient.
Parce que quand même
Sans sa virilité
Il n'est plus qu'une gonzesse comme les autres.
Donc, Marcel s'écrase mollo devant sa télé.
Une seule chose peut le décider à rompre ce fragile équilibre :
L'arrivée dans sa vie d'une autre Ginette
Que nous appelerons Georgette
Georgette c'est le printemps, la vraie vie, l'intérieur de l'authenticité de son moi intime d'homme moderne bailloné par cette socièté cannibale où jamais, jamais ce pauvre homme
n'a pu déployer ses ailes d'oiseau sauvage planant libre dans le ciel d'azur.
Pis en plus, Georgette, elle le trouve beau le Marcel, pis désirable, pis si intelligent, pis si fort aussi.
Et elle jeune et toute fraiche la Georgette, ça le change.
Tout cela parait bien classique n'est-ce pas ?
La jeune demoiselle un peu naive, la femme énervée de se taper tout le boulot, le mec qui se sent vieillir et cherche à se souvenir de ses jours glorieux ?
Oui, c'est très classique
Mais comme tous les vrais classiques, les mythes et les légendes, il y a là un grand fond de vérité.
Vous n'en avez jamais rencontré des comme ça ?
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Par C'est Elle
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