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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 20:44
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Je n'ai pas l'intention de vous bassiner en permanence avec ma nombreuse famille ( qu'encore qu'il y aurait de quoi faire )  mais là, faut que je vous dises un truc.

Oui, il me faut bien l'avouer, ma maman à moi, c'est John McEnroe.

Enfin, disons que si ce n'est pas exactement lui, elle doit appartenir à la même secte.

Ou alors, ils ont subis tout les deux  les effets les mêmes radiations de kryptonite.

Ou alors, je comprends pas.

J'explique en deux mots mon trouble :

Ma maman, elle va sur ses 73 ans.

A première vue, elle a l'air normale.

Et très belle.

En gros, vous prenez Sophia Loren, vous lui enlevez dix centimètres en hauteur, vous gardez les mensurations de poitrine, de hanches et de de taille, et vous obtenez ma maman.

Bon, dans vot' p'tite tête, vous n'oubliez pas que nous parlons de Sophia Loren à 73 ans.

Cette petite dame, a vécu une guerre mondiale, une guerre civile de sept ans, un exil, trois grossesses, des deuils à la pelle, une agression violente avec col du fémur en l'air, un veuvage et quelques autres menus problèmes au cours de sa vie.

Elle a donc, trois enfants, cinq petits enfants, trois soeurs et deux beaux-frères, un autre beau-frère et deux belles soeurs et une quantité proprement anormale de plantes vertes dans son chez-soi.

 

Rien d'extraordinaire.

 

Ce qui la rend légèrement différente de la moyenne, c'est l'inversion des anniversaires.

 

Elle rajeunit tous les ans.

 

 

Comme John McEnroe.

 

Entendons-nous bien, chaque mois de juillet lui apporte une année de plus.

 

 

Et lui enlève au passage une couche de d'ombre de devant les yeux.

.

 Je la sens de plus en plus en paix avec elle-même et l'indulgence, l'ouverture  face au monde qui nait de cette paix est si rayonnante qu'elle touche tout ce qu'elle approche.

 

Elle prend tout ce qui passe.

Elle sait que rien ne doit être perdu.

Qu'il ne sert à rien de gâcher son temps sous le fallacieux pretexte du chagrin ou de la solitude.

 

Le chagrin, tu fais avec.

Et si tu ne le mets pas au dessus  du vivant,

il accroit l'urgence de chaque instant.

 

Dans sa solitude,

elle déploie une science de la perfection de l'immédiat

étonnante.

 

Chaque  geste quotidien est magnifié par le soin qu'elle apporte à le vivre.

 

Et le regard porté sur ce qui l'entoure s'ouvre chaque jour un peu plus.

 

Là où d'autres se rancissent dans la fatuité de l'expérience, elle ouvre des yeux comme de soucoupes et n'attend que d'être étonnée.

 

Elle a compris que la meilleure façon de vieillir était de se devoir d'être heureux.

 

Qu'il s'agissait autant  de survie que d'élègance.

 

Et quand on est Sophia Loren et que l'on a plus de patate que McEnroe,

 

l'élègance, on choisit pas.

 

On incarne.

 

 


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Published by C'est Elle - dans Leis autres
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commentaires

Patrick 15/07/2008 18:01

"les textes sur mon père vous touchent moins, non ?"
Je ne lis pas tout, non plus, faut bien dire ;-)

Sardine 15/07/2008 15:56

Vieil anar : La Grande aurait fait une mère extraordinaire, hélàs elle n'a pas eu d'enfant. Pour la ressemblance entre ma mère et J McE, c'est peut-être dans ce côtè jamais à bout, toujours capable de se réinventer et de surprendre l'autre.


@Patrick : tant que tu as lavé tes dents avant d'aller au lit, ça va !

Aux deux : c'est rigolo comme les textes sur mon père vous touchent moins, non ?

Patrick 12/07/2008 12:54

Quand tu racontes des histoires de maman, je suis sur l'île des enfants perdus. J'écoute, et je m'endors rassuré :-))

vieil anar 11/07/2008 23:13

Sardine, ma belle, j'espère que tu ne m'en voudras pas de la gourance! Si j'avais su que ta mère était John Mc Enroe, 'videment, bien sur, mais je pouvais pas savoir...!

Toujours est-il que je ne vois pas vraiment le rapport entre ces 2 là, mais bon ! Encore que si j'avais encore une mère digne de ce nom et vivante de surcroît, j'eusse aimé qu'elle ressemblât à ta "grande dame brune". Bisous.