Mercredi 17 juin 2009
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Après cet exposé succint de notre premier cas de figure (pour mémoire, Marcel pris d'âmur, envoie pêter son couple et décide de devenir enfin le grand fauve roi des animaux qui sommeille en lui depuis toujours) il est temps d'étudier de plus près la situation :



Ginette, qui tout à la gestion sans gloire des chaussettes et du frigo n'avait rien vu venir, se dit que ma foi, tout ça, c'est peut-être la chance de sa vie.

Une fois passé le premier choc, elle réalise bien souvent, qu'il n'y avait vraiment plus rien à sauver dans cette histoire.

Car la Ginette, si elle avait bien pris conscience de l'ennui suintant de son couple, avait continué de rêver à un possible retour de passion, à une illumination de Marcel, réalisant soudain à quel point toutes ces années passées ensemble comptaient dans son existence. 
A quel point sa Ginette lui était indispensable.

Alors qu'en vrai, hein, à part sa suprématie sur la blanquette et la planche à repasser, Ginette elle n'avait plus vraiment de quoi le faire vibrer.

Oh, c'est pas tant qu'elle soit devenue moche, Ginette, c'est juste qu'elle ne semble plus voir en lui le roi de la savane.
Elle est grogneuse, et pas conciliante.
Son humour, elle le trouve de plus en plus naze et elle ne prend même plus la peine de faire semblant.
Et surtout, surtout, elle ne semble plus réagir à son charme irrésistible, à ce sex appeal qui émanait de lui comme la mousse de la bière fraichement tirée.
Sous le prétexte fallacieux de la fatigue, des soucis, du boulot, des enfants et du repassage (toujours lui), elle n'a plus envie de ce pauvre Marcel...

Mais que peut bien devenir ce pauvre garçon s'il n'est plus l'objet de tous les désirs ? 

C'est à peu près à ce moment-là qu'il a commencé à faire de l'oeil à la petite blonde du club d'échecs.
La p'tite timide qui rougit dès qu'il approche et boit ses discours comme autrefois Ginette.


Bon, bref, ce matin, enfin, il s'est décidé et entre le café et les tartines, et lui a tout déballé.

Puis, il est parti.

Parce que c'est comme ça que partent les rois des animaux et les cow-boys solitaires, seuls donc et dans le coucher du soleil.



Ginette, elle a encaissé le coup.

Salement.

Et puis elle a réflèchi, s'est regardée dans une glace et s'est demandée ce qui lui restait à vivre sans le regard de Marcel.


Puis, dans la foulée, elle a réalisé que cela voulait dire aussi sans les chaussettes sales  de Marcel, sans les retards de Marcel, sans les mensonges de Marcel, sans les vannes insipides de Marcel



Et là, elle a compris que ce qui s'ouvrait devant elle, c'était une longue plage de sable blond habitée par une horde de jeunes gens bronzés, souriants et aimables.

Et que jamais elle ne s'occuperait plus des chaussettes d'aucun Marcel qui soit.




Parce que contrairement à ce que beaucoup pensent, les Ginettes comprennent très vite le plaisir de l'indépendance et de la maturité assumée.


Ayant donné tout ce qu'elles pouvaient à leur couple, elles savent maintenant qu'il n'est pas nécessaire de se raconter des histoires pour vivre d'agréables instants.




Alors que Marcel, ce qu'il aime, c'est être aimé, regardé, adoré.
Et pour ça, une bonne relation au lit et un grand respect de l'autre, ben ça suffit pas.

Ce qui lui faut, c'est de l'amour, du grand, du vrai.

Pas du comme avec Ginette, cette truffe qui n'a jamais su quel grand homme ronflait à ses côtès.


Du coup, là avec la p'tite blonde, y se lâche, le lion. 
A lui Venise, les gondoles et les serments immortels.

Bon, d'accord, il est tombé en panne à Rambouillet, mais en amour, c'est l'intention qui compte, non ?


Parce qu'il faut bien comprendre cette vérité première qui va à l'encontre de toutes les idées reçues :

Marcel est un romantique.
Un vrai
Un de ceux qui ne peuvent se voir qu'en hidalgo grand siècle déclarant leur flamme aux Chimènes qui trainent à leur portée.




Et pendant ce temps-là, Ginette s'épanouit au club de gym et drague sans complexe l'étudiant de l'étage du dessus.

Sans même se sentir obligée de tomber amoureuse de lui.

Ou d'un autre

La liberté, elle a très bien intégré le concept. 






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Par C'est Elle - Publié dans : Mémoires vives - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Commentaires

Meuh, le repassage, c'est une allusion ? Toujours aussi en forme, la Sardine ;-)
Commentaire n°1 posté par Fajua le 17/06/2009 à 22h51
meuh non ,c'est pas aliènant du tout comme loisir et c'est une tâche ménagère ô combien partagée !
Commentaire n°2 posté par La Sardine le 17/06/2009 à 23h04
La solution pour sauver un couple : jeter le fer à repasser !
Commentaire n°3 posté par le+gabian le 18/06/2009 à 09h47
à la tête ?
Commentaire n°4 posté par yelrah le 18/06/2009 à 13h14
Et s'ils avaient eu les moyens de se payer une bonne, l'histoire aurait-elle été autre ?
Commentaire n°5 posté par Cristophe le 18/06/2009 à 13h48
Oui, Marcel se serait fait la bonne.
Ou bien non, Ginette, tiens !
Commentaire n°6 posté par le gabian le 18/06/2009 à 14h04
J'suis même pas certaine que cela aurait changé grand chose...
Commentaire n°7 posté par La Sardine le 18/06/2009 à 22h33

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