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" A l'an qui vient que si nous ne sommes pas plus, nous ne soyons pas moins "
Depuis plusieurs années maintenant, cette phrase me revient en tête
à chaque mois de décembre.
Des voeux, des souhaits, des bonnes pensées et des dictons
cette période en est pleine.
Des religieux, des laïcs, des révolutionnaires, des sentimentaux,
des amicaux, des familiaux.
Celui-là est différent, plus sombre et plus lumineux que les autres.
Le rappel de la seule peur qui nous soit à tous commune.
La perte et l'absence
Ce trou qui jamais dans l'eau ne se refermera
Ce poids des matins sans fin
L'éternel recommencement des jours devenus vides
Les questions et les les doutes
La douleur indicible
Les mots que l'on apprend à retenir d'année en année
Pour ne plus déranger les vivants
Ces pas qui s'enchaînent sans but
Ces bras trop vides
Sans plus rien à étreindre
Les voix qui disparaissent
Au fond des mémoires
Les parfums de la peau chaude
Que l'on aimait embrasser
Cette haine de soi d'oublier
Ce que l'on voudrait garder à jamais
Ce dégoût de continuer à être
Quand l'autre n'est plus
Oh, a l'an que ven que se siam pas mai que siguem pas mens !
Que personne cette année ne disparaisse dans ce grand vide
Que nul ne vienne un matin m'apprendre encore une perte
Prenez tous soin de vous
Autant que vos vies m'importent
Aimez-vous
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