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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 09:25

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En partant, tu n'oublies pas de tout casser.

Disperse bien, abime, salit, répand-toi bien partout, que rien n'échappe à ta bile.

Pas de place au sentiment, pas de merci pour les souvenirs.

Oublie, efface, détruit, arase et nivelle bien jusqu'à gratter le vide.

Comme ça, au moins c'est sûr, tu ne reviendras pas.

 

 

Je me suis séparée il y a plusieurs années du père ma fille.

J'avais vécu presque quinze ans avec cet homme.

Vu qu'il n'avait que peu souffert du passage du nuage de Tchernobyl, qu'il n'avait pas été piqué par une araignée mutante et n'avait traversé aucun orage de protons, neutrons ou autres particules, j'ai considéré qu'il était le même.

 

Le même que l'homme qui m'avait séduit quinze ans auparavant, le même que celui qui était près de moi à la naissance de notre enfant, le même qui me saoulait parfois avec ses certitudes et m'énervait au-delà du raisonnable par son apathie du week-end.

 

Avec lui, avant le temps de l'indifférence, de la tendresse appitoyée, j'avais ri, j'avais tremblé, j'avais passé des nuits blanches qui n'avaient pas besoin de décor ou de lumière pour s'illuminer.

 

On s'est disputé, on s'est boudé, on s'est dit des mots que l'on a regretté à la seconde où on les a prononcés, on s'est rapproché avec timidité pour se réconcilier, on a pleuré ensemble.

 

Un jour, parce que c'est comme ça, parce que c'est la vie, parce que c'était mieux pour nous trois, j'ai décidé de partir.

En prenant cette décision, j'étais consciente d'être celle qui détruirait l'illusion et mettrait à nu nos failles.

 

Mais je n'avais aucune raison de salir quinze ans de ma vie, de la sienne, tout ce passé commun qui n'avait plus d'avenir,

 

Autour de moi en ce moment, je connais, comme tout le monde, des couples qui se séparent, des qui viennent de se séparer.

Des qui vont pas trop mal, des pour qui le choc est d'une violence extrème.

Des enfin, pour qui le monde, non content de s'écrouler, les pietinne et les raille, les lamine et les descend plus bas que terre.

 

Des doubles et des triples peines, des amours qui disparaissent, des espoirs d'avenir anéantis et pour parfaire l'halali, une traque minutieuse, une méchanceté déclarée de qui ne veut plus se souvenir qu'il a aimé.

 

Pour une fois, la parité est respectée, je vois autant d'hommes que de femmes obsédés par l'idée de ne surtout pas laisser en paix celui que l'on quitte.

 

Et je vois, la souffrance s'asseoir sur la souffrance, les forces se perdrent dans le désespoir, le dégoût de soi-même, quand dans le regard de l'autre seule la haine habite encore, elle et son éternité.

 

Le pére de ma fille est un homme bien, respectable, un humain debout, bardé de défauts et de qualités, je l'aimais, je l'aime encore de son humanité, je suis son amie, je serai toujorus de son côté, que nul ne lui fasse jamais de mal.

Quinze de ma vie vivent dans ses souvenirs, nous sommes à jamais liés par nos désirs anciens.

 

Au nom de quelle logique, de quelle loi de vengeance, devrai-je hanter son existence et devenir une menace pesante sur son avenir ?

 

Quittez-vous, séparez-vous, éloignez-vous si c'est ainsi, si c'est le moment.

Mais, s'il-vous-plait, souvenez-vous de ce que vous avez été et laissez vivre ceux que vous laissez derrière vous, laissez-leur une chance de se reconstruire, ne  pas tout  brûler juste pour être sûr de ne jamais être tenté revenir en arrière.

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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commentaires

ioba 12/08/2011 11:03


Eeeeeh oui... cela paraît si simple et tellement "normal" (voir logique) pour certains d'entre nous.... certains, seulement...
(B'jour Sardinette...)


Sardine 29/06/2011 21:45


Voui, mais vous, vous venez d'une autre galaxie :-) de la bise


Patrick 29/06/2011 17:48


Je sais bien que ça compense pas, mais nous, et bin : ça va. ;-)


Chomp' 25/06/2011 00:56


"Je t'aiderai à venir si tu viens et à ne pas venir si tu ne viens pas."

C'etait sa formulation exacte.

Mais je rétro-devine pourquoi et comment ma mémoire l'a un peu transformée ...


Sardine 20/06/2011 15:21


et donc ? :-)