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Quand j'étais enfant, lors des réunions de famille, je m'asseyais au haut des marches de l'escalier et j'écoutais les voix.
Les jours qui avaient précedés la fête avaient été exitants et riches d'attente.
Mais le jour venu, je me mettais hors du cercle très vite et me réfugiais à l'étage.
Attendant que l'on s'inquiète de mon absence, qu'une question soit posée à laquelle je n'aurais su répondre.
Par la suite, j'ai souvent fréquenté les paliers bien cirés et les hauts d'escaliers bruissant des conversations et des rires
assourdis
de ceux qui se savent exister.
Pour trouver des réponses à mon malaise, pour savoir d'où il venait, j'ai sacrifié un temps infini, des rencontres importantes d'humains
impuissants à m'aider.
J'ai massacré mes études, mis en danger mon équilibre social, bien abimé ma santé.
J'ai découvert pas mal de réponses sans y trouver la paix.
Et puis j'ai appris à vivre en admettant ce que j'étais sans plus chercher de réponses, les questions suffisant.
Sans doute ne sommes nous pas tous des acteurs de premier plan de nos propres vies, en tout cas je ne le suis pas.
J'aime les coulisses et l'observation, l'archivage et l'analyse, la compréhension et l'empathie.
L'une des conséquence de ma place dans le monde est un sens du temps et de la réalité assez...élastique.
C'est pourquoi je peux attendre dix ans sans m'en rendre compte puis bousculer tout en quelques semaines.
Ou te regarder vivre jour après jour sans sentir les mois passer.
Téléphoner à mon meilleur ami et entendre sa voix une fois en huit ans.
Disparaitre de la vie de ceux que j'aime sans sentir que mon absence leur pèse.
Ou rester trop longtemps où ma présence dérange.
N'être pas dans le temps du monde c'est courir le risque de n'être jamais à sa place.
Mais de ce déséquilibre j'ai fais mon quotidien, je le bricole et ma foi, vaille que vaille, j'arrive à ne pas trop mal vivre avec.
Je ne crois pas avoir envie de pousser la porte et de réclamer ma place de l'autre côtè du palier.
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