Mémoires vives

Jeudi 22 octobre 2009
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Je ne me souviens pas bien

Du parfum bleu de l'enfance

Des rêves qui habitaient les heures



Je ne me souviens pas bien

Des espoirs fous de mes quinze ans

Des pas glorieux de mes vingt ans




Ma mémoire passoire conserve ce qu'elle peut

Parfois surnagent des morceaux vagues

Des impressions de malaise ou de joie

Liés aux parfums des choses

Aux résonances d'une musique


Mais de chemin clair

De lumière vive

De joie sans failles

De douleur sans recours


Je ne me souviens pas


Est resté gravé l'effet en moi

Mais non la cause

Et lorsqu'elle est là

Soyons honnête

Elle est reconstruite

Réecrite

Remachée

Digérrée


Ma mémoire a gommé

Dessiné

Ravaudé

Sans mon accord

Les fils de ma vie


Elle n'est finalement

Que l'interrupteur

De mon présent


En aucun cas

Elle ne m'est témoin

Objectif

Ni de moi

Ni des autres


Je peux la travailler

L'entrainer

La ressasser

La chèrir


Elle n'est jamais

La vérité

De mes jours

Passés

Présents

Et à venir




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Par C'est Elle
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Mardi 29 septembre 2009
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Le matin vient bien

La nuit est passée

Pour le jour à venir

A moi de le bâtir








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Par C'est Elle
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Lundi 28 septembre 2009
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Putain j'aime pas ça

Je ne m'y ferai jamais



C'est sans raison

C'est sans durée

C'est rien ça va passer

Comme c'est venu



Y'a pas à en faire un fromage

Pas de quoi déclencher les sirènes

Pas de quoi affoler les gens


Rien de plus commun

Rien  de moins intéressant

Rien de moins enrichissant


Y'a pas si longtemps

Un bon bambou

M'aurait mangé la tête

Enfummé les neurones

Bloqué les synapses

Et puis basta

Un bon écroulement

Sous la couette

Et on en parlerait plus



Mais je ne me mange plus la tête



Alors

J'ai pas le choix

Faut que je discute en direct

Avec mes angoisses vagues


Faut assumer

Quoi

Ou qu'est-ce


Pas forcément  chercher

Le pourquoi du comment


Juste me lever de ce creux

Me bouger pour ne pas tomber


Au fond d'un nauséeux nombril

Où il n'y a guère à voir


C'est rien ça va passer

Pas la peine de s'affoler




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Par C'est Elle
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Mercredi 2 septembre 2009
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Mal de dos

Mal de jambes

J'avais des bras ?

Mais c'était quand ?

Avant

Après

Les dix milles escaliers

Les moulons de cartons

Les sacs pas rangés

Débordants de temps oubliés

Voilà

Tout est là

En vrac

Plus ou moins arrivé

Va falloir trier

Décider

Et enfin jeter

Il est temps

Plus que temps

De se tout débarrasser

De cesser d'encombrer

Les pistes d'envol

De lourdeurs affectées

De douleurs oubliées


Cette fois ça y'est

La tête aussi a démenagée



Et elle

Elle

Elle va bien

Elle est claire

Enfin

Bien plus


Que cette mongtagne

De riens inutiles

Qui l'encombrait

Comme elle encombre encore


Les chambres vides

Poussièreuses

Qu'il reste à habiter



Enfin




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Par C'est Elle
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Jeudi 27 août 2009
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En manque

Sans conscience

De l'être



En besoin

Sans douleur

Nommée



La rencontre

Crée

 La connaissance

Du gouffre

Du manque

Vécu



Tête

Corps

Et remplissage

Des deux


Sans lien

Sans écoute

Sans amour

De l'un pour l'autre


La remontée se fait

A coup de

Tricotage

D'un respect

Affectueux

Des doigts de pied

Aux synapses emmèlés



Le corps est mon ennemi

Ou du moins il l'était

Et ma tête n'était pas

Mon alliée


Toujours le regret

De n'avoir pas été livrée

Avec le mode d'emploi

Le schéma de montage


Reconstruire l'ensemble

Retrouver les chemins d'échanges

Par l'empirisme

Crée des dégats

Parfois irréversibles

Parfois anecdotiques



Il faudrait que je trouve

Un cours de perfectionnement

Un stage de formation qualifiante

En relations harmonieuses

Du corps et du cerveau




Parce que là

C'est pas encore gagné











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Par C'est Elle
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Mercredi 26 août 2009






Les vacances se font grignoter les doigts de pieds

Par de légers et agaçants picotements de rentrée





M'en fous

J'grandirai pas

J'lèverai pas la tête

J'ferai pas mon cartable

J'regarderai pas mon emploi du temps

J'rangerai pas mon gros sac de plage et mes sandales





Je ne cours pas après le temps

Pas vraiment de problème avec la mort

Qui viendra bien un jour

Un énervement bien sûr

Avec ce corps réconcilié

Qui arrive si tard à son équilibre

Une trouille diffuse

Des temps qui arrivent

Autour de moi

Mais rien de plus grave que ça

Comme tout le monde

Quoi



J'aime les chapeaux

Et les couleurs si vives

Qui cachent

Jusqu'aux yeux sombres

Si je reste bien groupée dessous

Aurais-je une chance

D'éviter

Les peurs

Du quotidien






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Par C'est Elle
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Mercredi 29 juillet 2009
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Un pas

Un autre

Et encore un



La rotule

S'articule

Se replie

Se détend


Et la jambe

Guide

La cuisse

Marque

Le rythme


Quand l'aducteur

Se tend

Et tire

La hanche

Vers l'avant



Le ventre

Répond

A la nuque


Tambour

De peau

Moite


Le dos

S'arque

Et se dresse


Au balancement

Des bras


Un pas

Un autre

Et encore un



La rondeur de la Terre

Est sous tes pieds





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Par C'est Elle
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Vendredi 24 juillet 2009
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Y'a quelques temps

Quand j'ai commencé à te raconter mes conneries

Je me suis excusée de te les faire supporter

Et tu m'as dit que ce n'était rien

Que ce n'était pas grave

Que je pourrai toujours déverser

Le trop plein

Sans que tu te plaignes

De la lourdeur de l'impudeur




Mais c'est pas vraiment possible, tu sais,

Je peux pas comme ça

Charger la mule

Jusqu'à plus soif


Tu peux pas porter

Tous les malaises du monde


Je fatigue

Je m'enlise

Je m'enfonce


J'ai un très grand besoin d'écrire

Mais je bloque  la sortie des mots

Je sais pas écrire pour moi

Ailleurs que dans ma tête



Et ici...

Ici, j'aurais dû pouvoir le faire

Je voulais le faire



Mais je n'ai pas l'art de l'elllipse et la poésie nécessaire

Je ne sais pas transcrire sans voyeurisme

ce qui hurle au fond

comme peuvent le faire Yelrah ou Traou

Je n'ai pas la distance littéraire de Fajua

Sa légereté

Vrojnik le disait il n'y a pas longtemps

Et elle avait raison

"Y'a plus beaucoup de littérature là-dedans"


Mais il n'y a plus non plus

Beaucoup de spontanéité

De cette écriture du premier jet

Qui est celle que j'aime

Pour moi


Je suis coincée entre l'envie de dire

Et celle de dire bien


Ce n'est pas la même chose



Alors

Parce que le besoin devient chaque jour

Plus fort


Je voudrais reformuler


Les règles du jeu :



Et on dirait qu'ici

Ce serait pas grave

Quand je vais mal

Ou que je crache un truc pas clair

D'abord parce que ces trucs pas clairs

C'est moi depuis toujours

Et que c'est pas près de changer



On dirait qu'il faudra pas avoir peur en vrai

Pour moi


Parce que c'est comme ça que je suis


En dents de scie égoïne bien aiguisée

Que je monte comme je descend

En flêche

Sans parachute


Mais qu'il ne faut surtout pas m'accompagner dans ma chute


Je rebondis quasi sans dommages

Quasi à chaque fois












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Par C'est Elle
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Mardi 21 juillet 2009
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Y'a du progrés


J'ai commencé


En trouble bi-polaire


Je suis devenue


Une belle cyclothimique


Je finirai


J'espère


En simple soupe-au-lait




Le truc



C'est que j'aime pas le lait


Le fromage, oui


Mais le lait, non



Je peux finir en soupe d'autre chose peut-être ?



Mais pas à la grimace


Pas aux cailloux


Pas amère


Pas trop claire


Et surtout pas


En bouillon de onze heures



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Par C'est Elle
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Mercredi 8 juillet 2009

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Je sais pas écrire ma colère contre moi-même

Je sais pas écrire mes peurs réelles

Je sais pas écrire mes manques

Je sais pas écrire mes lâchetés

Je sais pas écrire ce qui me vrille la tête et les nerfs


C'est facile de m'étaler dans le neuneu, le sentimentalocucul et le léger


Mais dire vraiment

Se lâcher vraiment

 

Hurler sans fard et sans sauts de côtè

 


Je sais pas faire

 

 

Et quand je fais

Je me retiens vite

Je lâche pas le fond de vase


Bien crade

Bien honteux

Bien lourd


J'étouffe de trop de mots

Et de trop de silences

Trop d'évidences

Et trop de non-dits enfouis si profonds

Qu'ils sont devenus pires que les maux de Pandore


Fatiguée

Vidée

Sans légitimité de l'être

En plaintes et gémissements continus

Sans raisons autres que celles de toujours


Je ne veux plus laisser passer tout ça

Ou je ne peux plus

Je ne sais plus


Juste une grande fatigue

Envie de me rouler en boule sous une couette

Et ne plus prendre aucune décision


En dix ans

Je suis passée de l'apitoiement

Au mépris de mon Pot-au-Noir personnel

Ce mal-être lamentable de bien nourrie

Cette dépression chronique qui me met en rage

En colère sombre


Je n'ai aucun droit à cet état

Aucune justification

Aucune explication

Que l'on ne me parle pas de tous les cas qui sont différents

De tous les humains qui ont le droit d'être mal

De toutes les histoires douloureuses qui sont légitimes


Je n'y crois pas

Je crois à l'inconscient et au pouvoir de raison de l'analyse

Mais je ne crois pas à sa morale


Je n'ai pas à être mal et point barre

Je n'ai pas à faire porter aux autres mes angoisses et c'est tout


A moi de me battre mais je dois le faire seule

Et tout ce qui me reste à faire c'est de trouver du courage

D'arrêter de faire chier le monde










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Par C'est Elle
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