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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 07:16

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Entre Noël et Nouvel An

Entre les confiseurs et les lumières

Dans les failles en creux 

Les interstices calfeutrés

Où se cachent nos ombres

 

Entre la douleur et le rire

Entre la peur du vide et l'envie de vivre

Dans la beauté d'un mouvement

L'équilibre fragile et vivant

Où s'inventent les lendemains

 

Que l'an qui vient soit

Et un autre après lui

Et un autre encore

Sans commencement ni fin

 

Celui-ci s'annonce sans flonflons

Il se fait discret

Bien trop lourd dans ses prémisses

Pour ne pas se travestir

 

Que sera-t-il ?

Il sera lourd et souvent triste

Sans doute souriant certains matins

Bleu à péter de vie

Et plus sombre qu'une lune noire

 

Il sera ce que nous en ferons

Il sera ce que nous donnerons

Sans plus de sens

Que les précédents

Il sera juste ce temps qui passe

Et ne cesse jamais d'avancer

 

Qu'il ramène le printemps

Ce ne sera pas si mal 

Pour commencer à être

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 09:13

 

 

J'ai coupé mes cheveux à ras

Comme on referme une porte

 

J'ai oté de mes traits cette masse

Comme on essuie un maquillage

 

Ils étaient flamboyants

Imposants et beaux

Indécemment vivants et exigeants

 

Ils avaient été le signe de la vie renaissante

Le flambeau d'une nouvelle ère

 

J'avais cru cacher dans un rouge insolent

La profondeur sombre de leur naissance

 

Ils étaient le manifeste d'une force rêvée

De l'équilibre dansant de leurs boucles

 

Cette époque est finie

J'ai retrouvé le calme arrondi du crâne

La structure fragile de l'os

 

Dépouillée de ce que je ne serai pas

Le dénuement du monde est plus clair

 

 

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 09:20

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Se réveiller lorsque l'on se voudrait rendormir

S'endormir en craignant ses rêves

Marcher à pas comptés

Les faire légers quand ils s'alourdissent

Et se traînent

 

Croiser les visages en cachant ses yeux

Être là sans pesanteur

Tisser les humains et effacer la trame

Regarder grandir les espoirs

Naître les oeuvres

 

Posée au revers du talus 

Regarder danser le monde

Et avancer les vivants

Soutenir leurs pas

Amoindrir leurs chutes

 

Je n'existe que par ce que vous faites

Ce que vous êtes

Caisse de résonance de vos chants

De vos talents

Dévoreuse de vos existences.

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 06:40

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C'était le début de l'automne. Ici,le soleil avait à peine changé, la lumière du matin à peine blanchie. Il avait fallu partir en catastrophe. Deux jours pour tout organiser, l'appartement, la petite, les promesses faites que je ne pourrai pas tenir. Mon frère m'avait dit, "Vas-y, toi qui ne fais rien de ta vie.". J'avais pris ses mots en pleine face mais que répondre ? Vrai que ma vie ne semblait pas si remplie que cela au regard de ses obligations ou de celles de notre soeur. Et qu'il fallait bien que quelqu'un y aille. Combien de temps ? Impossible de le savoir, tout dépendrait de sa rapidité à se remettre de l'accident, à organiser son quotidien, de ses besoins de présence. Alors, trois semaines, un mois, deux mois, comment savoir ?

Je n'ai presque pas dormi avant de partir. Une vie vide se révèle plus compliquée à quitter qu'on ne pourrait le croire. Un arrêt à Montpellier pour une dernière fête, une nuit de train hébétée de fatigue et d'angoisse et je retrouvais la gare de St Jean sous la pluie d'octobre. 

St Jean, épicentre des douleurs, bain révélateur qui toujours m'avait mise à nue. Lieu des espoirs, des acceptations, des humiliations aussi parfois. Chaudron bouillonnant des familles, obligation du clan, impossible solitude. 

J'ai remonté le pont de la Nivelle, pris à gauche par l'ancien quartier des conserveries. Les nouveaux bâtiments d'habitation se suivaient au long du quai, jolis, neutres, les yeux morts. J'ai pris par le talus au raz de l'arrière des immeubles. Je retrouvais un peu de l'ancien chemin, celui qui longeait Saupiquet et sentait si fort certains jours.

La pluie s'est faite cinglante, salée, le vent d'ouest rabattait ma veste, les pieds trempés, je suis arrivée chez ma mère transie, le ventre creux. La porte s'est refermée doucement dans ce silence des immeubles bien tenus. Le poids de la douceur de l'appartement m'est tombé sur le dos. J'ai posé mon sac, enlevé mes chaussures, les pieds sur le parquet tiède, j'ai regardé les murs.

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 13:46

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Écrire m'est un besoin. Ou pas. C'est toujours le signe d'un état extrême, mes textes n'obéissent à aucun plan, ne représentent aucune oeuvre ou ébauche ou que sais-je encore.

Ils sont ce qui sort et qui ne peut rester dedans. Dans la mesure du raisonnable, enfin il me semble, le pire reste coincé et ça, c'est un autre problème.

Parfois, les humains qui me croisent hors des lignes s'étonnent de me voir différente. Je me suis déjà faite insultée à cause de ça.

Oui, je peux rire juste après avoir écrit quelque chose de très noir ou être en morceaux tout en publiant quelque chose de drôle même si c'est moins courant, je l'admets.

Écrire ici, exposer mes mots, relève sans doute d'une thérapie sauvage et il va sans dire que je vous prends, lecteurs, à témoin, pour juge parfois, pour médecin aussi alors que ce n'est pas là votre volonté.

J'en suis désolée.

Du coup, le problème se double au lieu de se résoudre.

N'ayez pas peur pour moi, je ne vais pas plus mal aujourd'hui qu'hier, je suis ce que j'étais, ni plus, ni moins.

Ce qui n'est pas très réjouissant d'ailleurs si on y pense.

Pas d'amélioration, pas de construction, pas d'avancée. J'en ai pris mon parti, je suis passée à côté de tant de pans de ma vie, qu'il serait ridicule et pathétique de les vouloir rattraper. J'essaie de bricoler un abri de vie potable, parfois ça marche, parfois pas. Il n'y a pas de quoi réveiller les voisins.

Les humains dans mon cas sont légions et de toutes sortes, apparaissant sous toutes les formes.

Les timides, les cassés de dedans, les qui se roulent par terre lorsqu'ils sont seuls chez eux. 

Les hyperactifs, hyper engagés, hyper à l'écoute du monde, les agressifs, les intrusifs, les comiques, les dragueurs, les silencieux, les bavards, les solitaires, les sociables. 

Certains sont doubles faces, j'en suis une. 

Si vous me rencontrez, si je suis dehors, c'est que les forces sont suffisantes pour cela. Je risque d'être très, trop gaie, motivée, prenante, prolixe et impliquée.

Ce qui peut provoquer de lourds malentendus, lorsque la fatigue me prend.

Lorsque sortir sur le palier est une épreuve, croiser des humains, une charge sans nom.

C'est souvent un choc pour ceux qui me connaissent peu. Un malaise pour ceux qui supportent mes allers retours du trop noir au trop clair depuis longtemps.

Difficile d'accompagner sans aider qui l'on aime et difficile de continuer à aimer qui on ne peut accompagner.

Mes mots ici, les montrer surtout, et merde pour la pudeur, me sont indispensables mais je ne voudrais pas vous apeurer ou vous blesser.

 

Et puis c'est comme d'habitude, ça passera.

 

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Published by Sardine - dans Angst
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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 05:43

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J'ai un frère de lune

Tombé du même rayon

Pas plus rusé

Qu'avide

 

Obstiné et têtu

Tisseur de rêves

Arpenteur de nuits

Confiant

 

A aimer sans trêves

A se donner

Sans jamais en compter

Le risque

 

Aux yeux d'une infinie douceur

Au rire voilé

Fêlé de vieilles déchirures

Rapiècé

 

Et courageux avec ça

Chevreau entêté

A courir la montagne

A décrocher les lumières

Inatteignables

 

Il y croit

Il y fonce

Une chute n'est jamais

Qu'une étape

Un palier

Un mauvais moment

 

Plus que moi

Il a gardé

La force du rêve

Lunaire

 

Il y croit

Encore et encore

Il repart en quête

A la poursuite

De cette lumière

Lointaine 

Qui nous manque si fort

 

A toutes forces

Il continue

Il avance mains tendues

A ne pas vouloir admettre

Que ce monde restera fermé

Aux enfants de la Lune

 


Sans doute

A-t-il raison

 

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 06:15

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Je dis souvent n'importe quoi

D'abord parce que si j'écris

C'est pour en avoir le droit

De dire n'importe quoi

Et puis parce que ça me fait du bien

A moi, de dire n'importe quoi

Et que ça ne vous fait pas de mal

A vous, si je dis n'importe quoi

 

Bien sûr que j'aime aimer

Bien sûr que j'aime me sentir bouleversée

Emue, vrillée, choquée à ne plus toucher terre

 

Mais vrai aussi

Que j'ai le sens aigu de la rêverie

Que la réalité n'est pas vraiment 

Ma tasse de thé

De toutes façons, moi, je suis café

Café, insomnie, rêves et délires

Imagination au galop et drames sous les paupières

 

Alors, les vraies rencontres, la réalité d'une relation,

C'est à peu près de mon ressort 

Comme de conduire un quinze tonnes

Comme escalader l'Everest

En tongues et à mains nues

 

C'est cela qui m'encourage à fuir

Quand un humain de chair et d'os 

Croise mon chemin

A ne surtout rien tenter

A ne surtout rien vivre

 

C'est bien plus facile

Pour la Reine des Andouilles

Que je suis

 

 

 

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 10:09

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J'ai, pour les histoires d'amour, un truc infaillible pour ne pas souffrir

Si un homme m'émeut, me bouleverse, je m'en tiens le plus éloignée possible

Je le fuis et je me ferai écorcher vive à la pince à épiler rouillée plutôt que de l'avouer

 Ensuite, au calme et tranquille, je bâtis mon histoire à deux du dedans de mon crâne

Arrivée à la fin du récit, j'introduis l'inévitable rupture, le chagrin et la peine

A ce stade, je soufre un bon coup et je vais me coucher

Ne reste ensuite, qu'à retrouver mon bel équilibre de célibataire

L'avantage de cette procédure réside dans sa rapidité d'exécution

Et son économie de moyens

Pas de cris, pas de drame, pas de désillusions, de compromis, d'angoisses

J'épargne l'autre, lui évite bien du temps perdu et des forces gaspillées

 

Ah, une voix dans mon oreillette me dit qu'il semblerait que parfois, il se peut 

Que les histoires d'amour aboutissent à des dénouements heureux

 

Ben voyons, et les marmottes elles plient le chocolat dans le papier d'argent, aussi?!

 

 

 

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 06:32

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La Grande m'avait téléphoné un après-midi de soleil à la fin de l'été. J'étendais du linge sur la terrasse, la forêt se défaisait tout doucement de ses feuilles, l'air était tranquille. Je me souviens m'être assise par terre, les jambes soudain absentes, les mots explosaient, coincés dans la gorge, miettes inavalables.

C'était un jour de rentrée scolaire, j'avais laissé ma fille à l'école maternelle et rentrée à la maison, j'avais savouré mon café au soleil à l'heure même où il était mort.

Je ne l'ai pas crue, la Grande, c'était juste impossible. La croyance et moi, n'avons jamais fait bon ménage.

Je n'ai pas pu le voir, je n'ai pas pu y croire.

J'avais perdu la légitimité de le pleurer longtemps auparavant.

Mais les années ont passées, la peine ne s'est pas allégée, plus lourde à chaque fin d'été.

Il est resté, avec mon père, la perte la plus intime, la moins partageable.

Depuis, rire grinçant du destin, mes septembres se sont alourdis d'autres peines, d'autres pertes.

Celui qui vient à peine de commencer, déjà, lui aussi, allonge la liste des voix disparues.

 

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 10:10

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Le physique est souvent trompeur et peu fiable.

 

J'ai des pieds délicats, fins, légers, 

Attendrissants comme des pieds d'enfants

Souples et arrondis, la cheville fine et déliée.

 

Ils ont aussi une attirance coupable pour les plats.

 

Ils s'y vautrent voluptueusement

L'expression a dû être inventée pour eux

 

Des pieds de danseuse à la grace d'un quinze tonnes

 

Aussi, je les surveille de très près

Je veille à l'intégrité de vos porcelaines

 

 

 

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