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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 10:40

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" A l'an qui vient si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins "

 

Depuis plusieurs années maintenant, cette phrase me revient en tête à chaque mois de décembre.

 

Des voeux, des souhaits, des bonnes pensées et des dictons, cette période en est pleine.

 

Des religieux, des laïcs, des révolutionnaires, des sentimentaux, des amicaux, des familiaux.

 

Celui-là est différent, plus sombre et plus lumineux que les autres.

 

Le rappel de la seule peur qui nous soit à tous commune.

 

La perte et l'absence

Ce trou qui jamais dans l'eau ne se refermera

Ce poids des matins sans fin

 

L'éternel recommencement des jours devenus vides

Les questions et les les doutes

La douleur indicible

Les mots que l'on apprend à retenir d'année en année

Pour ne plus déranger les vivants

 

Ces pas qui s'enchaînent sans but

Ces bras trop vides 

Sans plus rien à étreindre

Les voix qui disparaissent

Au fond des mémoires

Les parfums de la peau chaude

Que l'on aimait embrasser

 

Cette haine de soi d'oublier

Ce que l'on voudrait garder à jamais

Ce dégoût de continuer à être

Quand l'autre n'est plus

 

Oh, a l'an que ven, se siam pas mai que siguem pas mens !

 

Que personne cette année ne disparaisse dans ce grand vide

Que nul ne vienne un matin m'apprendre encore une perte

 

Prenez tous soin de vous

Autant que vos vies m'importent

Aimez-vous

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:44

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Mon corps n'est même pas mon ennemi

Il est une entité lourde aux constants besoins

Un compagnon de chaîne capricieux et geignard

Pour lequel rien n'est jamais gratuit

Chaque plaisir se paye au prix fort

D'un entretien tyrannique et constant

Impossible de l'éviter 

Le contourner

Le nier

A peine si je peux l'ignorer un moment

Qu'il revient sur le devant de la scène

Prend tout l'espace

Hurle et se plaint

Indispensable interface au monde et aux autres

Tricheur sans scrupules

Lâcheur et hypocrite

Despote ricanant

Goinfre puant

Plaie vivante

Je n'ai pas le choix

Je dois le supporter

Parasite goulu

Dévoreur d'énergie

Masse dérangeante

Même pas solide

 

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Published by Sardine - dans Angst
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 09:34

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Je ne voulais pas jouer

Je n'aimais pas ça

Je ne voulais pas sortir dans la cour

Je n'avais rien à y faire

Je n'y étais pas bien

 

Le monde tenait sur mes genoux

Je fermais à demi les yeux

Lorsque la fatigue arrivait

Grignotant encore une ligne après l'autre

 

Mon corps immobile

Se faisait oublier

Mes mains suffisaient 

A tourner les pages

 

Les yeux seuls agissaient

Transmetteurs de mots

Tricoteurs d'images

Passeurs attentifs des émotions

 

Quand lassée de me faire traquer

Je sortais de mes livres

Rejoindre les autres enfants

Je poursuivais mes rêves

 

Mon corps engourdi et balourd

Se prêtait avec maladresse

A ces jeux où s'aiguisaient

Le sens du pouvoir

 

A la première occasion

Je m'échappais du cercle

Observant de côté

Le déroulé des rondes

 

S'il ne m'était pas possible

De retrouver mes livres

Je plongeais dans un jeu solitaire

Où de brindilles en galets polis

 

Je bâtissais un monde

Entre les racines d'un arbre

Au pied d'un mur usé

Dans le creux d'une ornière

 

Attendant l'heure de rentrer enfin

Au chaud des mots écrits

Dans la tanière des phrases 

Étincelantes au coeur du silence

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 10:02

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Les années n'y font rien

Les images demeurent

Les questions ne font que croitre

Les manques ne se comblent pas

 

Il y aura toujours une moto à dévier

Un désespoir à alléger

Une maladie à combattre

Un jeu à arrêter d'un baiser

 

Cette horloge que l'on ne peut inverser

Ces mots qui n'ont pas était dits à temps

Ces gestes que l'on n'a pas pu faire

Cette main que l'on n'a pas su tendre

 

Et nous restons

Année après année

Toujours plus vides

Emplis de doutes

 

Le coeur trop plein

D'une mémoire inutile

Les bras en manque

D'un corps à serrer

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 17:52

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Parfois je t'appelle ma belette quand je pense à toi.

Que je te parle dans ma tête.

Si je t'écris, je retiens ce nom.

Je sais qu'il a pour toi le son d'une autre voix.

Je n'ose pas.

Mais belette, c'est aussi le petit nom de ma puce.

Le nom de pas mal de puces,j'imagine.

Il me vient naturellement mais je le retiens.

C'est peut-être stupide.

Ne pas oser le mot doux, pour ne pas aller trop loin.

Ne pas dire que l'on aime, pour ne pas risquer la faiblesse.

Ne pas tendre la main, pour ne pas craindre le refus de la caresse.

 

Je ne perdrai plus de temps à ménager les orgueils, à protéger les défenses.

Je t'apellerai belette quand le mot me viendra.

Je te dirai je t'aime quand l'envie m'en prendra.

Je t'engueulerai de même.

Je te pourrirai de câlins à notre prochaine rencontre.

Et ça t'énervera et ça me fera rire et je recommencerai.

 

On a jamais trop de belettes jolies dans une vie.

Et il te va si bien ce nom si vif et soyeux.

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 07:03

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Les épaules se figent en premier

La gangue de pierre

Née de la nuque

Descend doucement

Le long de la colonne vertébrale

Enveloppe le torse

Croise et recroise autour du ventre

Pour finir

Ruban de fête

Par se nouer au creux des reins

Statufiant le corps

 

Pour supporter le poids

Soudain du buste et de la tête

Les cuisses se raidissent

Chairs tétanisées 

Muscles noués violemment

Genoux tremblants sous l'effort

Oscillants trop faibles pour tenir

Bien longtemps

 

Les ondes de malaise

Irradient depuis le ventre

Bloquent la respiration

Font naître de vagues nausées

Affolent le muscle cardiaque

Encombrent la trachée

Bloquent les mâchoires

Assèchent la bouche

Explosent enfin derrière les yeux

Empêchant les pensées 

Brouillant tous les signaux

Déformant les sons et la vue

Les os du crâne paraissent 

Se disloquer sous la poussée affolée

 

Rien n'est plus possible

Que l'attente angoissée

La concentration extrême

Pour contrôler chaque souffle

Laisser passer les palpitations

Du sang aux tempes et à la gorge

Laisser le temps agir

En espérant tenir

 

Ne pas partir en syncope

Ne pas complètement lâcher

Les rênes à ce corps

Où la raison n'intervient plus

Tout entier dépassé

Par la brutalité

Des émotions

 

La violence physique

De ce combat intérieur

Est sans nom

On ne peut demander grâce

Il n'y a pas d'adversaire 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 09:49

 

 

L'amant est l'ami léger

 

Quand l'amoureux exige ses droits

 

L'amant ne prend rien qu'on ne lui donne

 

 

Près ou loin

 

Récent ou ancien

 

Impromptu ou familier

 

Il n'est ni indifférence

 

Ni consommation triste de chair

 

 

Il est tendresse et rire

 

Il est frère et refuge

 

Sans contrainte

 

Sans enjeu

 

Sans peur

 

 

Le temps du vécu n'est pas le même

 

L'attente souffrante n'y existe pas 

 

La peur des mots non plus

 

 

Et s'il n'y a ni engagement

 

Ni construction

 

Ni plan

 

Ni projets d'avenir

 

Ni fondations

 

Ni investissements

 

 

C'est qu'il ne s'agit pas

 

D'une maison bourgeoise

 

Calme et raisonnée

 

Bien assise en son parc

 

 

C'est un vieux cabanon caché

 

Au creux des collines

 

Sur un rivage

 

Au détour d'un sentier

 

 

Abri à peine pensé

 

Assemblage léger

 

D'ombre fraîche

 

Et de lumière.

 

 

Il est ce qu'il est

 

Ne le méprisez pas

 

Ne l'abîmez pas

 

Ne le raillez pas

 

 

Il est ce qu'il doit être

 

A ceux qui n'ont rien

 

 

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:16

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Ma part sombre

 

Mon miroir trouble

 

Mon puits sans fond

 

Ma pierre de touche

 

Aux reflets noirs

 

 

Sans ton écho

 

Mon cri n'a plus de force

 

Ma mélancolie plus de sens

 

 

Ne me reste que les murmures

 

Les chuchotis de douceur

 

Les mots qui rassurent

 

 

Je laisse la colère s'éloigner

 

Et la violence

 

Et la peur

 

 

La tendresse me tiendra lieu

 

D'arme et de bouclier

 

Aimer encore plus

 

Pour faire résonner ton rire

 

Lorsqu'il était heureux

 

 

Que ceux qui ne l'ont pas connu

 

Puissent avoir comme un reflet

 

Un écho lointain

 

De ton envie

 

Ta faim

 

De vie et de soleil

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 10:04

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Au premier vent de l'automne

 

Mes doigts se glaçent

 

Le sang n'y circule plus

 

Ils se bloquent et raidissent

 

Leur peau parait se rétrecir et ne plus pouvoir les contenir

 

Le froid ne s'est pas installé encore que ma respiration devient plus difficile

 

La gorge serrée en permanence

 

 

De sentir arriver le gris

 

Mes épaules se crispent

 

Je marche courbée

 

L'oeil au ras du trottoir

 

Les murs sont mes amis

 

 

Un tunnel de jours encore à passer

 

S'allonge vers un infini hors du temps

 

 

Ma pensée se grippe dans un rythme engourdi

 

 

La peur mord le ventre

 

Angoisse indicible

 

Accrochée aux reins

 

Poigne de fer à la nuque

 

 

 

Goût de cendres en bouche

 

 

 

 

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 06:56

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Je ne veux plus écouter le monde

 

Il crie trop

 

 

En être un élément est déjà bien assez

 

Epuisant

 

 

Il faudrait pouvoir ne pas agir

 

Sur lui

 

N'avoir pas d'incidence

 

Ni par abscence

 

Ni par présence

 

 

Maintenir l'immobilité de l'équilibre

 

 

 

 

Je ne veux plus regarder le monde

 

Il s'agite trop

 

 

Garder les yeux ouverts pour ne pas tomber

 

Est bien assez  prenant

 

 

 

La cadence des hommes bat la ronde

 

Mais je n'ai pas l'oreille musicale

 

Mes pas sortent du rythme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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