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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 07:23

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Les mains vides 

 

Au bout des bras épars

 

 

 

Le corps  entre eux

 

Encombrant objet

 

 

 

Les pas prudents

 

Tâtonnant leur chemin

 

 

 

Pavane lente où tu vas l'amble

 

Marquant le pas du réel.

 

 

 

Le jour où la première personne que j'aimais est morte

 

Je me suis haï d'avoir encore faim et soif.

 

 

 

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 08:51

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Quand la main  effleure le creux qui suit l’angle aigu du bassin et précède la plaine du ventre.

 

Tu as enlevé ta chemise d’un cou et j'ai soudain  vu le coton blanc un peu épais glisser de tes épaules, la lumière du magasin jouer sur ta peau.

Méplats du ventre éclatants de matité lisse, rondeur de l’épaule, muscles fins et nerveux du dos agacé, envolée des bras.

Dans l’allée déserte de ce magasin anonyme et froid,  le désir m’a prit au ventre comme une faim. Le besoin de toucher cette douceur tendue, palpitante de chair vivante.

Je te regarde essayer la chemise que tu es venu acheter ici, tes mouvements sont vifs, précis.

Tu contiens ton énervement, tu fais ce que tu dois faire, tu le fais vite, tu t’en délivres  avec conscience. Le plaisir viendra après, se débarrasser  d’abord de  cette corvée.

Nous avons le temps.

Ton corps  disparait sous l’étoffe neuve un peu raide, tu  l'ajustes, tu tournes sur toi-même,  tires sur les poignets. Quelques mètres derrière toi, je te vois  reflété dans le miroir.

Tu occupes l’espace avec évidence, une élégance fine de tout le corps, une assurance simple à peine démentie par ton regard inquiet.

Je suis arrivée à la gare il y a juste une demi-heure, tu m’avais prévenue que nous devions passer ici, tu as absolument  besoin d’acheter des vêtements pour une occasion  précise, il n’y a nul plaisir là-dedans.

Je ne sais pas où nous irons ensuite. En ville, chez toi, à la plage, j’ai décidé de ne pas te le demander, de ne rien te demander du tout au cours de ces heures que nous devons passer ensemble hors de nos vies.

Seule cette petite obligation vestimentaire à régler et le temps sera à nous.

En arrivant dans le rayon, un peu trop proches l’un de l’autre, tu m’as attrapée et embrassée comme tu le fais souvent, avec cette gourmandise dans tes yeux de chat. Il s’en est fallu de peu que nous n’allions plus loin sans plus nous préoccuper de l’endroit où nous nous trouvons. Collés l’un contre l’autre, de la tête aux chevilles, je sens tes jambes contre les miennes et ton bassin qui se pousse contre mon ventre. 

Doigts caressant  les cous, les visages. Le tien, le mien, l’attache de l’épaule,  la poitrine souple sous les mains posées dessus dessous les tissu froissés.

Je me suis éloignée de toi et nous avons commencé à chercher  parmi les vêtements exposés ce qui pouvait te convenir.

 Mais que tu penches la tête et je tends ma bouche.

Mon corps idéal. Pas le plus beau, pas le plus parfait mais celui qui colle en ombre sur le mien, m’entoure, me serre, me complète. Ventre à ventre, bassins lourds et mouvants l’un contre l’autre.

Les mains légères, présentes, paumes et  doigts errants, effleurant à pleine peau.  Que l’une des tiennes se pose sur mon dos et je me tords pour la suivre, la précéder, lui ouvrir le chemin.

Si je te croise de trop près, si nos corps se rapprochent, l’un touche l’autre mais à peine, en douceur. Retenue et désir mêlés. Frôlés, éffleurés.

Tu ne sais pas encore  que je vais rester jusqu’à demain matin, tu n’as aucune idée du nombre d’heures dont nous disposons avant mon départ. Nous en parlerons plus tard.

 

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 09:25

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En partant, tu n'oublies pas de tout casser.

Disperse bien, abime, salit, répand-toi bien partout, que rien n'échappe à ta bile.

Pas de place au sentiment, pas de merci pour les souvenirs.

Oublie, efface, détruit, arase et nivelle bien jusqu'à gratter le vide.

Comme ça, au moins c'est sûr, tu ne reviendras pas.

 

 

Je me suis séparée il y a plusieurs années du père ma fille.

J'avais vécu presque quinze ans avec cet homme.

Vu qu'il n'avait que peu souffert du passage du nuage de Tchernobyl, qu'il n'avait pas été piqué par une araignée mutante et n'avait traversé aucun orage de protons, neutrons ou autres particules, j'ai considéré qu'il était le même.

 

Le même que l'homme qui m'avait séduit quinze ans auparavant, le même que celui qui était près de moi à la naissance de notre enfant, le même qui me saoulait parfois avec ses certitudes et m'énervait au-delà du raisonnable par son apathie du week-end.

 

Avec lui, avant le temps de l'indifférence, de la tendresse appitoyée, j'avais ri, j'avais tremblé, j'avais passé des nuits blanches qui n'avaient pas besoin de décor ou de lumière pour s'illuminer.

 

On s'est disputé, on s'est boudé, on s'est dit des mots que l'on a regretté à la seconde où on les a prononcés, on s'est rapproché avec timidité pour se réconcilier, on a pleuré ensemble.

 

Un jour, parce que c'est comme ça, parce que c'est la vie, parce que c'était mieux pour nous trois, j'ai décidé de partir.

En prenant cette décision, j'étais consciente d'être celle qui détruirait l'illusion et mettrait à nu nos failles.

 

Mais je n'avais aucune raison de salir quinze ans de ma vie, de la sienne, tout ce passé commun qui n'avait plus d'avenir,

 

Autour de moi en ce moment, je connais, comme tout le monde, des couples qui se séparent, des qui viennent de se séparer.

Des qui vont pas trop mal, des pour qui le choc est d'une violence extrème.

Des enfin, pour qui le monde, non content de s'écrouler, les pietinne et les raille, les lamine et les descend plus bas que terre.

 

Des doubles et des triples peines, des amours qui disparaissent, des espoirs d'avenir anéantis et pour parfaire l'halali, une traque minutieuse, une méchanceté déclarée de qui ne veut plus se souvenir qu'il a aimé.

 

Pour une fois, la parité est respectée, je vois autant d'hommes que de femmes obsédés par l'idée de ne surtout pas laisser en paix celui que l'on quitte.

 

Et je vois, la souffrance s'asseoir sur la souffrance, les forces se perdrent dans le désespoir, le dégoût de soi-même, quand dans le regard de l'autre seule la haine habite encore, elle et son éternité.

 

Le pére de ma fille est un homme bien, respectable, un humain debout, bardé de défauts et de qualités, je l'aimais, je l'aime encore de son humanité, je suis son amie, je serai toujorus de son côté, que nul ne lui fasse jamais de mal.

Quinze de ma vie vivent dans ses souvenirs, nous sommes à jamais liés par nos désirs anciens.

 

Au nom de quelle logique, de quelle loi de vengeance, devrai-je hanter son existence et devenir une menace pesante sur son avenir ?

 

Quittez-vous, séparez-vous, éloignez-vous si c'est ainsi, si c'est le moment.

Mais, s'il-vous-plait, souvenez-vous de ce que vous avez été et laissez vivre ceux que vous laissez derrière vous, laissez-leur une chance de se reconstruire, ne  pas tout  brûler juste pour être sûr de ne jamais être tenté revenir en arrière.

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 08:30

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J'ai quelque chose avec les hommes aux yeux tristes.

Ils viennent à moi 

Je vais à eux

 

Je parle ici de cette tristesse

Assumée

Vécue en évidence

Pas de la dépression violente

Qui te jette à terre

Mais de cette mélancolie

De l'acceptation

Celle qui accompagne

Presque sans peser

Un sourire léger

Et voile les yeux des hommes

D'une grisaille douce

 

Pas de vocation d'infirmière

Pas l'envie de materner

Je plonge dans leur regard

Et y puise

Une force de vie 

Une puissance

A soulever les montagnes

 

Face à eux

A leurs yeux résignés

A leur certitude grise

Je sens monter en moi

Une envie d'ouvrir le monde

De redécouvrir sa couleur

De leur offrir le parfum des matins

 

Et quand je vais mal

Quand mes yeux rejoignent les leurs

Quand je ne sais plus moi-même 

Ce que je fais là

Ils sont ma seule carte

Ma seule façon de revenir

A la vie

Pour la leur mieux offrir

 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 10:52

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Ce qui reste après la chute

 

Eparpillé

 

Approcher sans blesser

 

Soigner de tendresse

 

Les plaies encore à vif

 

La bouleversante douceur

 

Apprivoiser le doute

 

Rassurer la crainte

 

Revenir à la vie

 

En tendant la main

 

Vers l'autre

 

Rien n'existe qui ne risque

 

De disparaitre

 

Le savoir et avancer

 

Quand même

 

Parler pour se dire

 

Fuir le jugement

 

Eloigner le passé

 

Sans attendre l'avenir

 

Lire à même la douceur

 

De la peau

 

Les raisons d'exister

 

Puiser au sourire

 

La tristesse à bercer

 

Et s'endormir enfin

 

De chuchotis en murmures

 

 

 

 

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 05:29

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L'ombre s'installe

 

Dans le temps

 

Immobile

 

 

La nuit s'étire

 

Au sombre du vent

 

 

Et quand survient

 

La peine

 

 

Au pivot d'équilibre

 

Des nuits sans lune

 

 

Danse

 

 

Et séduis la peur

 

En son être

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 07:38

18 rue des 3 Mages

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Je vais partir et fermer ma maison

 

Cette  fois n'est pas comme les autres

 

Je pars le ventre serré

 

Le pas lourd

 

 

Pas envie de refermer cette porte

 

Ces fenêtres que je laissais ouvertes

 

Dès que le temps le permettait

 

 

Je ne veux pas ranger mes livres

 

Ma théière et mes coussins

 

Je ne veux pas plier les couvertures

 

Et ranger la vaisselle

 

 

Dans chaque objet

 

Je vous vois

 

Dans chaque miroir

 

J'entends vos voix

 

 

Bien sûr

 

Il y aura d'autres maisons

 

Et d'autres moments magiques

 

Mais ceux que j'ai vécus ici avec vous

 

Je sais qu'ils resteront à part

 

 

 

Alors

 

 

 

J'aimerai demander à tous ceux qui sont passés ici

 

Quelques minutes ou quelques jours

 

Une fois par hasard

 

Ou en rite régulier

 

Ceux qui se sont disputés ou aimés

 

Ceux qui ont rit

 

Ceux qui ont pleuré

 

Ici

 

 

De bien vouloir me laisser un petit mot

 

Un signe ou une image

 

N'importe quoi que je puisse garder en moi

 

Et qui m'aidera à savoir que je n'ai pas rêvé

 

Qu'il y avait bien ici quelque chose de propre à ces murs

 

D'impalpable mais de réel

 

 

En commentaires ou en messages privés

 

Je vous attends et vous embrasse

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 07:46

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Quand il n'y a plus rien

 

Ou si peu

 

Sourire crispé mécanique

 

Reste de devoir d'affection

 

Réminiscence des liens

 

Souvenir vivant des rires

 

 

 

 

Quand il n'est plus possible

 

De se dire

 

Patience distraite de l'écoute

 

De celui qui sait déjà

 

Ce qui pèse

 

Ce qui abat

 

Echo ancien des gestes consolants

 

 

 

 

La douleur peut enfermer le cri

 

Comme elle peut le répandre

 

Se muer en morsures

 

Ou s'épancher en larmes

 

 

 

Honte à qui ne sait pleurer

 

Poliment

 

 

Comme un pauvre méritant

 

Il faut  une tristesse présentable

 

 

Aimable

 

Acceptable

 

Ni hargneuse

 

Ni hurlante

 

 

 

Permettre à l'autre de se sentir bon

 

Lorsqu'il vous tend la main

 

 

 

Avoir la larme esthétique

 

 

 

Ou rester muré dans le silence

 

Du cri de peur imprononcé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 08:07

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A ne rien faire

 

Au silence de qui s'en va

 

A ne rien dire

 

Au bruit de qui reproche

 

 

Il n'y avait rien avant

 

Il n'y aura rien après

 

 

A cheminer dans la patience

 

Sans rien attendre

 

 

Rien ne restera

 

Qui n'était déjà

 

 

Il n'y a rien d'autre

 

Dans le silence

 

Que l'écho des espèrances

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 08:46

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J'ai baisé sur tes mots

 

A jamais retenus

 

Mêlé mes cris à ta voix

 

A jamais inscrite en moi

 

 

Au dessus du corps

 

Des autres hommes

 

Dans le savoir farouche

 

De l'impossible existence

 

 

L'absence sombre

 

Sans se diluer jamais

 

Le temps n'est rien

 

Aux échos disparus

 

 

Et les muscles se font lourds

 

D'avancer sans faiblir

 

Quand le désir d'être à demain

 

N'est plus que coquille vide

 

 

 

 

 

 

 

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