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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 07:46

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Quand il n'y a plus rien

 

Ou si peu

 

Sourire crispé mécanique

 

Reste de devoir d'affection

 

Réminiscence des liens

 

Souvenir vivant des rires

 

 

 

 

Quand il n'est plus possible

 

De se dire

 

Patience distraite de l'écoute

 

De celui qui sait déjà

 

Ce qui pèse

 

Ce qui abat

 

Echo ancien des gestes consolants

 

 

 

 

La douleur peut enfermer le cri

 

Comme elle peut le répandre

 

Se muer en morsures

 

Ou s'épancher en larmes

 

 

 

Honte à qui ne sait pleurer

 

Poliment

 

 

Comme un pauvre méritant

 

Il faut  une tristesse présentable

 

 

Aimable

 

Acceptable

 

Ni hargneuse

 

Ni hurlante

 

 

 

Permettre à l'autre de se sentir bon

 

Lorsqu'il vous tend la main

 

 

 

Avoir la larme esthétique

 

 

 

Ou rester muré dans le silence

 

Du cri de peur imprononcé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 08:07

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A ne rien faire

 

Au silence de qui s'en va

 

A ne rien dire

 

Au bruit de qui reproche

 

 

Il n'y avait rien avant

 

Il n'y aura rien après

 

 

A cheminer dans la patience

 

Sans rien attendre

 

 

Rien ne restera

 

Qui n'était déjà

 

 

Il n'y a rien d'autre

 

Dans le silence

 

Que l'écho des espèrances

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 08:46

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J'ai baisé sur tes mots

 

A jamais retenus

 

Mêlé mes cris à ta voix

 

A jamais inscrite en moi

 

 

Au dessus du corps

 

Des autres hommes

 

Dans le savoir farouche

 

De l'impossible existence

 

 

L'absence sombre

 

Sans se diluer jamais

 

Le temps n'est rien

 

Aux échos disparus

 

 

Et les muscles se font lourds

 

D'avancer sans faiblir

 

Quand le désir d'être à demain

 

N'est plus que coquille vide

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Sètz
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 08:38

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Affoler les fous et effrayer les effrayants

 

Trop intense

 

Tarasque déhanchée déambulante

 

De l'être désincarnée

 

 

 

Figure archètypale des premières femmes

 

Des guerrières farouches

 

Aux putains sacrées

 

De la mère éternelle

 

A l'ogresse dévorante

 

 

 

Ne dévoile jamais ta face

 

Aux hommes assis

 

 

Qu'ils n'aient nulle crainte

 

En leurs certitudes

 

 

N'attend rien du temps

 

Ni de l'espace

 

Tu porteras toujours

 

En tes traits

 

 

Leur crainte affolée

 

 

Dans tes os

 

Sur ton front

 

Et sur ta solitude arrimée

 

Comme un voile d'irrélle pudeur

 

Passeront les regards

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 07:31

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      Je ne sais pas pourquoi, ce texte s'est perdu dans les limbes du blog, bizarre... Il s'agit de la suite de Boulevard Sébastopol -hiver 87-

 

 

J'ai réussi à l'entraîner jusque là. En fait, ça n'a pas été si dur, la douleur devait commencer à se faire sentir et tout concentré qu'il était sur ses mains, il avait suffi de le guider doucement jusqu'à la porte du bar.

Presque à l'angle du boulevard, à deux pas de la masse que l'on devinait pesante, du musée, c'était à cette heure-ci le seul refuge du quartier où l'on accueillait n'importe qui.

C'est là que nous avons attendu le premier métro.

Et dans le silence qui se créait autour de nous, isolés, je regardais s'éloigner l'hébétude de son regard et surgir  la conscience de ses actes passés.

A ce moment-là, j'ai pu commencer à déplier ses mains et peu à peu réaliser l'étendue des dégâts.

Il n'y avait rien à dire, ce qui venait de se passer resterait quelque part dans nos mémoires, de ces instants de transparence où affleure sans plus aucun faux-semblant, la face si nette de notre folie.

Ce n'était ni la première, ni la dernière fois qu'ainsi se croiseraient nos peurs et de tout ce qui nous liait, cette connaissance de l'intime frayeur de l'autre resterait notre plus sûre attache et la plus évidente.

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 09:24

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Je me souviens de ses  mains qui se martelaient elles-mêmes, coup à coup, fracas après fracas, les jointures qui saignaient sans ralentir le rythme des poings.

Dans la demie obscurité du boulevard, la masse indifférente de la boite aux lettres luisait de ce jaune tendre et rassurant, accrochée à son mur avec l'innocence des choses.

Derrière nous je sentais passer le flot des voitures, régulières et glissantes sans à-coups dans la nuit. Parfois, un bruit de pas proches s'intercalait et son battement régulier venait orner le motif quasi musical de la boite résonnant sous les coups.

Le corps ramassé, boxeur épuisé en fin de round, il se jetait sur elle sans plus y penser, attentif à sa tâche de destruction, consciencieux.

Le combat inégal cessa en quelques minutes, titubant à peine, le souffle un peu court, il regardait ses mains sans vraiment les voir, pendantes et sans volonté. Enfin.

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 10:52

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D'un matin l'autre

 

La nuit s'éloigne sombre

 

A l'éveil du monde

 

 

Sous les paupières hésitantes

 

Marchent les ombres

 

La paix de l'ailleurs

 

 

Le lieu des sourires disparus

 

La fraîcheur des voix éteintes

 

Les démarches dansantes

 

 

Reculer l'instant du réel

 

Refuser l'éveil

 

Rester au chaud du temps

 

 

Ne pas vouloir savoir

 

Qu'ils ne seront pas là

 

Au détour d'une rue

 

 

 

Et se lever enfin pour

 

Au bout de l'attente vaine

 

Accepter de continuer

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 11:44

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Quand le ventre prend tant de place

 

Que la tête ne peut plus se mouvoir

 

Au centre des choses

 

 

Quand le ventre même disparait

 

Bouffé de l'intérieur

 

Creusé de vide

 

 

Quand la gorge seule existe

 

Nouée bloquée

 

Déchirée de cris ravalés

 

 

Quand le réel se délite

 

Miroir fracassé

 

Envahi d'ombres

 

 

 

Il n'y a plus de partage possible

 

 

 

Que savez-vous de la peur

 

De l'abjection même de l'être

 

De la violence qui monte

 

De la vis sans fin

 

Qui taraude le crâne

 

 

 

Avez-vous déjà connu

 

Le cri qui ne sort pas

 

La peur de la peur

 

Le refus du jour

 

Indicible

 

Si égoiste que le dire

 

En est à toujours impossible

 

 

 

Et l'amour ni fait rien

 

Qui ligote un peu plus encore

 

L'impossibilité d'avouer

 

La tête labourée

 

 

Dire c'est faire souffrir d'impuissance

 

C'est vous montrer la torture que vous ne pouvez atteindre

 

Les plaies que vous ne guérirez pas

 

 

Et lorsque en plus de porter notre mal

 

Nous portons votre envie d'aider

 

Votre inutilité désolée

 

Nous n'en pouvons plus

 

Et taisons nos souffrances

 

 

 

Vous ne comprenez plus nos silences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 11:21

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Les fous lumineux

 

Les abimés

 

Les écorchés

 

Les survivants têtus

 

Ceux qui ne savent jamais

 

Où mènent leurs pas

 

 

A porter leurs douleurs

 

Dans la grâce d'un sourire

 

Et l'élégance triste

 

Des grues cendrées de l'hiver

 

 

 

Dieux qui m'indiffèrent

 

Entités imaginaires

 

En vous je ne crois pas

 

Et pourtant

 

Je voudrais

 

Ce jour d'hui

 

Vous les confier tous

 

 

 

Qu'en votre garde irréelle

 

Leurs douleurs s'apaisent

 

Qu'enfin le repos

 

Leur vienne

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 07:44

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D'abord, il a caressé le chat.

 

Il faut toujours dire d'abord bonjour au chat.

 

C'est ce qu'il a dit en s'approchant de la table où elle se prélassait en pleine toilette.

 

Avec lenteur et respect, il a caressé le haut de sa tête, flatté son dos déjà rond.

 

Et dans le silence d'un bonjour félin il s'est présenté aux mânes de la maison.

 

Il faut cela de temps et de patience pour se reconnaitre.

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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