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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 08:29

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Les dépouilles sont restées derrière

 

Le temps s'est étalé d'un coup

 

Ouvert sur le silence des possibles

 

Sans plus de poids aux pieds

 

Sans chaines et sans ordre

 

 

L'illusion s'est délitée

 

Dans la lumière crue

 

Laissant ses scories

 

Dessiner la route

 

 

Aux crochets des dépouilles

 

Les derniers lambeaux

 

Des faux désirs à nu

 

Laissent libre l'espace

 

 

 

 

Plus d'axe

 

Ni plus de direction

 

Plus de sens

 

Ni plus d'injonction

 

 

 

Au centre inexistant du vent

 

Plus haut

 

Ni bas

 

Plus loin

 

Ni près

 

 

Je suis là

 

Et maintenant

 

De tout temps

 

 

 

Je vis

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 09:01

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A demi pied

 

Equilibre improbable

 

De ton humanité

 

 

 

A demi souffle

 

Vivant d'un trait

 

De tes peurs habité

 

 

 

A demi chemin

 

Sans se retourner

 

Pour ne rien regarder

 

 

 

A demi temps

 

De ton éternité

 

Le sable qui s'échappe

 

 

A demi course

 

Sans espoirs

 

Sans regrets 

 

Ni souffrances

 

 

 

Anesthésié de toi-même

 


 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 08:44

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Donner pour ne pas prendre

 

Consoler pour ne pas sentir

 

Ecouter pour ne pas donner

 

Parler pour ne pas dire

 

Pour que nul ne questionne

 

Pour que nul ne se demande même

 

S'il existe quelque chose 

 

Au travers du fatras des mots

 

Acheter son humanité à coup de soins

 

Légitimer le masque de la peur

 

Exister entre le gouffre et le don

 


 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 12:09

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Lumières incongrues d’un train de nuit

La fatigue du dos rejoint l’arrière des cuisses

Vibrantes de muscles à bout

 

A contre-sens pour voir s’enfuir le monde

Derrière les vitres noires

Seuls les visages des passagers se lisent en reflets  nets

 

Plaquant un monde de velours

De journaux

De regards vides

Se détournant obstinément

Train du dimanche soir

 

Arrachée de mon chemin

Partie portée

Sans le choix

Sans la voix

Les signes se déplacent

Guident mes pas

 

D’un point imprécis

Dans le temps ni l’espace

Je sais qu’il y a là

A l’œil de la tempête

Une vague insensée

Formée au noir des volcans

Sous-marins


C’est maintenant que quelque chose advient

Ces semaines d’absence à venir

L’isolement contraint

Volontairement subi

L’épuisement des derniers jours

La rencontre

La voix qui m’accompagne

 

Il est là

Tout près

L’instant de tous les possibles

 

Dire la peur

Regarde elle vient de loin

Aux vagues de l’océan

Elle rebondit

 

Lieu de toutes mes peurs

Où je reviens toujours me heurter

Ressac du ventre et de l’océan

Aux confins du conflit

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 06:58

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C'était un soir de début d'été dans les collines derrière la mer.

 

Une place de village en fête et l'évidence que tout commence là, dans un sourire aux yeux plissés.

 

 

Et l'immédiate pensée qu'il faut s'éloigner, ne surtout pas rester sous ce regard.

 

 

Reprendre sans plus y penser, la ronde des sourires.

 

Entrer en farandole, main à main, pieds légers.

 

 

 

Mais les yeux machinalement vadrouillent, cherchent et trouvent.

 

Un coin de visage, une pommette trop aiguë, un geste du corps.

 

 

 

L'air est d'une douceur incroyable, la placette resserrée comme un nid sous son platane.

 

Le temps suspendu aux échos des voix, des rires et des cris des enfants.

 

Rien n'est plus important, seul le souci de l'autre, l'envie de

 

donner, de recevoir, te maintient en éveil.

 

Ces discussions légères et sans fin, le coude tanqué au bar, ce désir des rires incontrôlés,

 

des mots sans importance.

 

Les enfants qui courent et se posent en oiseaux pressés, cinq minutes à reprendre souffle,

 

pelotonnés aux flancs d'une mère, d'un père ou d'un copain, serrés dans la chaleur des corps

 

rassurants.

 

Aux confins des lumières, la nuit venant, les silhouettes se posent entre deux danses,

 

complices.

 

Et soudain, en toi, l'absolue certitude que tu es bien vivant au milieu des vivants et que tous

 

dépendent de tous, qu'il n'y a ni gagnant, ni perdant.

 

Rien que le besoin ancien qui te fait partie d'un tout, menbre de la tribu groupée à la chaleur

 

des flammes quand le froid te mord.

 

 

Et tu reprends pied au monde, sens grandir en toi l'envie de vivre, la puissance du désir d'être.

 

 

Alors tu peux reprendre le cours de la danse, enfouir dans la chaleur des autres la morsure

 

d'un regard, le bouleversement de tout ton être.

 

 

 

 

 

 


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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 06:39

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Aujourd'hui

 

Ne comptez pas sur moi

 

Oubliez mon nom

 

Mon téléphone et mon adresse

 

 

 

Je ne suis là pour personne

 

Pas sûr même

 

Que j'ouvre ma porte

 

A ma tête de carême

 

 

 

Pour m'entendre geindre

 

Et me plaindre

 

Noyée dans mes petites merdes

 

 

 

Non

 

 

Je ne me supporterai pas

 

Je me mettrai des baffes

 

Me ferai la gueule

 

Me collerai à la porte

 

Me forcerai à vivre

 

A retrouver mes forces

 

Mon orgueil

 

Ma dignité

 

Le minimum de respect de soi

 

 

 

Quelle dérision

 

De s'écrouler pour si peu

 

Une absence

 

Trois galères à gérer

 

Et il n'y a plus personne

 

 

 

Ce matin

 

Le magasin sera fermé

 

Pour cause

 

De lâcheté

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 06:40

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Ce matin dans ma tête

 

Y'a la Jeune Garde

 

La Chanson de Craone

 

Et les Braves Soldats du 17°

 

 

 

J'entends les Canuts

 

Et la Semaine Sanglante

 

Jan Petit revient de loin

 

Qui donne la main à la Canaille

 

 

 

 

Des mots de ventres creux

 

De têtes serrées en étau de misère

 

La résonance des voix de ceux

 

Qu'on vouait au silence

 

A l'humble acceptation

 

De leur sort ici-bas

 

 

 

Toujours je les entends

 

Depuis l'enfance

 

Résoner

 

 

Ils sont venus tout seuls

 

Lestés de leur naïveté

 

Du poids des rêves

 

Jamais réalisés

 

 

Assourdis des rires

 

Des moqueurs bien assis

 

Déformés du mépris

 

Des penseurs bien nourris

 

 

 

Dans un repli de gènes

 

Doit se nicher une graine

 

De mémoire ancestrale

 

 

 

Des peurs et des colères

 

Des espoirs et des rêves

 

 

Les pieds crottés

 

Les ventres creux

 

Les yeux haves

 

Les mains déformées

 

Par la terre et l'acier

 

Les bouches rongées

 

Par la faim et le silence

 

 

 

Une longue chaîne

 

Le premier maillon

 

Se perd dans le temps

 

De ceux qui ne gagneront

 

Ni aujourd'hui

 

Ni demain

 

Ni ne gagnèrent hier

 

 

 

Mais qui

 

 

Va savoir pourquoi

 

 

S'obstinent en bêtes de somme

 

A ne pas lâcher prise

 

A ne rien abdiquer

 

Du désir

 

D'être debout

 

 

 

 

 

Et toujours le chantent

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Temps des Hommes
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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 07:00

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Dix ans pour comprendre

 

Cinq ans pour admettre

 

Trois ans pour avancer

 

Un an pour recommencer

 

 

 

A vivre

 

 

 

Les années se sont accumulées

 

Additionnées

 

Soustraites

 

 

Temps de vie en parenthèse

 

Temps de nuit en éphémère

 

Temps de jour en hypothèse

 

 

 

Les erreurs d'aiguillage

 

Les mauvais chemins

 

Les choix malheureux

 

 

 

Je n'y crois pas

 

 

 

Ils sont ma trame

 

Et sans eux

 

Il n'y aurait pas

 

Le bon non plus

 

 

 

 


Je suis

 

Mes erreurs

 

Bien plus

 

Que mes réussites

 

 

 

Elles étaient espérées

 

Attendues

 

Champagne au frais

 

 

 

 

Et pourtant

 

 

 

Si souvent décevantes au réel

 

 

 

 

Au bout du compte

 

De ce qui me tient debout

 

Beaucoup m'est venu 

 

De ces fameuses erreurs

 

De direction

 

 

 

Quant à savoir

 

Où me mènera ma route

 

Maintenant

 

 

 

Quelques presque certitudes pourtant

 

 

 

Je resterai auprès de ma fille

 

Aussi longtemps qu'elle en aura besoin

 

 

Je resterai aux rives de cette mer

 

Aussi longtemps que le pourrai

 

 

J'essaierai de vivre mes désirs

 

Aussi clairement que je les verrai

 

 

 

 

Pour le reste

 

Il sera toujours

 

Temps de voir

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 08:44

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Aux étais

 

Aux épaules

 

Aux béquilles

 

Aux soutiens

 

 

A tout ce qui nous tient debout

 

A tout ceux qui nous tiennent droits

 

A toutes celles qui nous entraînent

 

 

Plus haut

 

 

Aux instants impossibles

 

Et pourtant présents

 

Aux moments invisibles

 

Et pourtant envelopants

 

 

 

De douceur chaude

 

 

 

De cette chaleur irradiante

 

Aux feux de sourires

 

A fleur de peau

 

A coeur de chair

 

 

 

Aux lumières indicibles

 

A la lampe du bout du lit

 

Au néon du bar du bout des nuits

 

Au soleil quand tu ne l'attends plus

 

 

 

A tout ce qui nous refait entiers

 

Quand les morceaux déjà s'éloignent

 

Du tout que nous étions

 

 

A ceux qui nous soignent

 

A ceux qui nous portent

 

A ceux qui nous soutiennent

 

A ceux qui ne le savent même pas

 

A ceux qui le font en passant

 

 

 

 

A l'évidence du partage

 

 

 

 

A ceux qui ne sauront jamais

 

Ce que leur épaule nous a apporté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci

 

A jamais

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 11:48

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Tu veux que j'écrive

 

Tu ne veux pas me voir

 

Repasser le plat

 

Réchauffer les peines

 

Raviver pour le plaisir

 

Les mauvais ou les bons moments

 

 

 

 

Tu veux que je bouge

 

Que je ne stagne pas

 

La tête dans mon propre giron

 

Les genoux remontés aux oreilles

 

 

 

T'as raison

 

C'est mieux pour moi

 

C'est mieux pour toi

 

Et pour ceux qui m'aiment

 

 

Alors hop

 

Reprends le scalpel

 

Ravives les neurones

 

Et essaies de sortir de tout ça

 

Quelque chose de neuf

 

 

 

Quelque chose de neuf

 

Sur un sujet si vieux

 

Sur cette impasse sans murs

 

Sur cette fosse sans fond

 

Cette obscurité glauque

 

 

 

Du toi

 

Du moi

 

Et de l'autre

 

 

De ce qu'on ne dit pas

 

De ce qu'on n'entend pas

 

De ce qu'on ne lit pas

 

De ce qu'on n'écrit pas

 

De tous ces gestes si simples

 

Que nous n'accomplissons pas

 

 

Par peur

 

Par orgueil

 

Par habitude

 

Par lassitude

 

Par à quoi bon

 

Par le temps qui passe

 

Par les yeux des autres

 

Par ce que l'on attend de toi

 

Par ce que tu attends des autres

 

Par l'angoisse du vide

 

Et par l'appréhension du plein

 

 

 

J'ai écrit sur mes amours

 

Peu sur mes haines

 

Pas de temps à perdre

 

Pas d'énergie à donner à ça

 

 

Pour mes amours

 

Toi tu le sais

 

J'écris plus souvent

 

Ce que je ne vis pas

 

Rarement ce qui me transporte

 

Plus facile

 

Moins engageant

 

 

 

Que te dire ?

 

Que je fuis à jambes perdues

 

Dès que s'approche le combat

 

Tu le sais

 

 

Que je me délecte du simple

 

Et du joli

 

Et du gentil

 

Et du pas compliqué

 

 

Que je ne veux à aucun prix

 

Me sentir le coeur et le ventre

 

En vrilles et en morceaux

 

 

Que ça suffit

 

Que ça va bien comme ça

 

Qu'il faut que ça cesse

 

Et que ça ne cesse pas

 

 

Que je me retiens avec les dents

 

D'aller plus loin

 

D'aller trop loin

 

 

Ne surtout rien faire

 

Ne rien tenter

 

Ne rien rêver

 

Ne rien laisser paraitre

 

 

Et que je n'y arrive pas

 

Et que je tourne en rond

 

Sans même trouver de paix

 

Dans les lits accueillants et charmants

 

De mes gentils amants

 

 

Il faut que cela s'arrète

 

Où je vais y perdre

 

Ce que je ne possède déjà pas

 

 

 

Ma paix et ma tranquillité

 

 

 

 

 

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