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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 08:29

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Tête à l'envers

 

Crâne d'oeuf

 

Tête de pioche

 

 

La cervelle en rémoulade

 

Le neurone en capilotade

 

 

Gorge sérrée

 

Ventre tordu

 

Pieds en dedans

 

Genoux qui se cognent

 

 

Souffle court

 

Idées trop longues

 

Pensées confuses

 

Coeur à tâtons

 

Et doigts tremblants

 


 

Mon être est en désordre

 

Faudrait voir à ranger tout ça

 

 

Vite

 


 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 07:49

evolution.jpg

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D'abord, il n'y a que la lumière

 

Comme une ombre dorée dans la rue

 

L'impression vague d'un air plus sec

 

Poussiéreux

 

Et puis

 

Vite

 

Cette odeur de bois brûlé

 

Incongrue, impossible

 

En plein centre ville

 

De dorée, la lumière a viré au métallique

 

Une transparence trouble

 

Et le vent en tourbillon

 

 

Au bout de la rue

 

J'ai regardé les collines

 

Il y avait des couleurs magnifiques

 

Irréelles

 

Et sur le gris vert des garrigues

 

Comme des éclats de soleil en plein midi

 

 

Le ciel s'est assombri d'un coup

 

Les tourbillons de poussière

 

Se sont accumulés au ras des murs

 

 

Les gens sur le trottoir s'arrêtaient

 

Levaient les yeux vers le ciel

 

Tournaient la tête vers la colline

 

Et tous se taisaient

 

Et tous avaient compris

 

 

Pendant des heures

 

La cendre a volé

 

Avec ce parfum de romarin brûlé

 

 

Elle s'est déposée partout

 

Jusqu'au fond des gorges serrées

 

Étouffant jusqu'à la colère

 

Asséchant les larmes de rage

 

 

Pendant des heures le bruit des canadairs

 

A rythmé le temps

 

Les camions qui passaient

 

Sirènes hurlantes

 

Déchirant la lumière

 

 

C'était un bel été

 

La colline brûlait

 

 

 

 

Et moi

 

Moi

 

Je restais là

 

Plantée sur le trottoir

 

A regarder ma ville

 

Se parer d'une improbable

 

Couronne de flammes

 

Si près

 

Si loin

 

A imaginer ce qui pouvait se passer

 

Et où l'enfer s'arrêterait

 

 

 

Tous les ans

 

Chaque été

 

A chaque vent

 

A chaque matin trop chaud

 

Quelques instants la même peur

 

Qui prend au ventre

 

La même rage

 

La même colère

 

 

Lundi

 

ça a recommencé

 

Un peu plus loin

 

Au creux d'un paradis

 

Qui n'avait pas mérité ça

 

Qui avait déjà plus que son lot

 

De peines et de souffrance

 

 

 

Et j'ai senti en moi

 

Les larmes des amis

 

La peur et l'impuissance

 

Qui ont été les leurs

 

Toute une nuit

 

Et encore un matin

 

 

 

Bien sûr

 

On va nettoyer

 

Balayer

 

Replanter

 

La vie va reprendre

 

Le temps va continuer

 

Mais rien ne permettra

 

D'oublier ce ventre qui se tord

 

Au parfum de la colline en feu.

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Temps des Hommes
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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 06:36

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Au mitan du guè

 

Un pied levé

 

Hésitant

 

Bras en balancier

 

Equilibrant les courants d'air

 

 

 

Qu'avancer ?

 

Quelle pierre choisir

 

Pour le prochain pas ?

 

Atteindre la rive

 

Ou retourner en arrière ?

 

Finir à la nage ?

 

 

 

Ou rester là

 

Figée en doute

 

Oscillante de fragile équilibre

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 11:08

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" Mais tu ne dors jamais, toi ?!"


 

 

Je tente


J'essaie


 

De ne pas regarder en arrière


Ne pas lâcher le haut des yeux


 

De sentir chaque muscle


Vivant


Chaque afflux de sang


Retentir 


Jusque dans


Les vibrations des épaules

 

Et du ventre



Pas envie d'attendre


Pas envie de ménagement



Ni la fuite ni l'oubli


Mais

 

Ne rien perdre


Ne rien laisser inachevé


 

Affronter de face

 

 

Ne pas se dissoudre

 

Ne pas se leurrer

 

 

J'aime à me réveiller

 

Et si j'aime la sensation du repos

 

Lorsque le corps s'allonge enfin

 

Au calme

 

Je ne veux pas voir

 

L'instant du pont

 

De la porte noire

 

Du sommeil

 

 

Comme un amant patient

 

Celui-ci

 

Doit me surprendre

 

Et m'attendre

 

Ne jamais se croire vainqueur

 

Parce qu'il est séduisant

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 08:20

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Je ne suis pas venue


Parce que j'ai eu peur

 

 

 

De tout

 

De vous

 

De moi

 


 

Pas de logique 

 

Pas de raison

 

 

 

La peur

 

 

De dire


De taire


 

De faire


Ou pas



De ne pas


Ou bien si

 

 

 

 

Je ne gagne pas à être connue

 

 

Restons-en là

 

 

 

Les mots écrits


Sont ce que je contrôle le mieux


Le haut du panier


Le montrable

 

 

 

Pour tous


C'est mieux comme ça



L'interaction des plusieurs


Est un fragile équilibre

 

De porcelaine fine


Les éléphants massifs


Ne s'y aventurent pas

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 07:17

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Entre ceux qui savent


Et ceux qui sont sûrs



Poseurs de réponses


Donneurs de questions




Du y'a qu'à au je l'avais dit


Dès la première caverne


Au premier feu


A la première embrouille




Y'a dû en y en avoir un


Qui savait mieux que les autres


Comment cerner le mamouth



Et une à ses côtés


Pour renvoyer la balle



Z'ont dû se reproduire


S'accoupler


Se reconnaitre



Sont toujours là


Sourds, aveugles et lourds



Les prêteurs de bonnes intentions


Les redresseurs de vrilles


Les aplatisseurs de chemins de traverse






Chaque jour un peu plus


J'éloigne ma route


Et je trace

 

 

 

 

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(1) Men garci = Je m'en fous, m'en tape, m'en balance. c'est aussi le titre d'un très beau texte et d'une très belle chanson.

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 13:38

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Le vieux tee-shirt de bricolage était entaillé à la hauteur du mamelon droit.


Une déchirure très nette de trois ou quatre centimètres, légèrement en biais puis une  autre plus petite juste en-dessous.


Sans doute un coup de cutter ou d'une lame quelconque, un jour où le tee-shirt devait se trouver oublié sur un établi ou un coin de meuble.


Trop large et usé jusqu'à la corde, il flottait sur le corps de son propriétaire avec cette retenue pudique des vêtements d'hommes lorsque ceux-ci veulent oublier l'existence même de leur chair.


Le pantalon de treillis, de même, suggérait à peine la ligne des hanches, oublieux de l'arrondi des fesses, réduites à  une problématique probabilité d'être.



Rien ne filtrait de cette silhouette que la retenue inconsciente, le sens léger des convenances où le corps de l'homme est support à sa tête, porteur de règles sociales et de cultures.



Mais l'oeil, insensiblement, revenait  à l'entaille sur la poitrine.



Les mouvements réguliers du bras l'entrouvraient et laissaient voir une infime partie de peau.

Tendue, douce à l'évidence, ombrée d'une pilosité tendre, chaude.

La lumière s'accrochait à elle et rayonnait, assombrissant les alentours, la laissant à la vue, soudain centre d'un nouvel ordre des choses.


Et l'envie se faisait forte de glisser les doigts à travers la déchirure, de toucher cette chair soudain si visible.

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Sètz
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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 07:07

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Monte du sol


En vrilles alanguies


La nuit de mai


 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 17:32

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Y'en a des à pas voir

 

Pas connaitre

 

Pas croiser

 

A oublier aussitôt

 

Qu'entraperçus

 

 

L'oubli est le père

 

De la tranquilité

 

Et la tranquilité est la mère

 

De mon équilibre

 

 

Alors bien sûr

 

Parait que c'est lâche

 

Un peu stupide

 

Et pas glorieux

 

 

A voir

 

 

Pas si simple

 

 

 

N'empêche

 

 

 

Y'en a des à ne pas voir

 

A oublier au plus vite

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Sètz
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 17:20

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Ce que j'étais


Serai


Ce que je suis


Etais



La peau lassée serre aux jointures


Tout commence demain




Saut de l'ange avec salto arrière




Pas de remise en question de l'introspection


Du dedans de moi


Pas d'hésitation sur l'impulsion



Reste à nettoyer le terrain


Remettre à plat les donnes


Rectifier les compteurs



Quatre mois


Quatre mois pour accomplir la mue



Laver la tête dedans dehors


Derouiller les muscles


Recompter les nerfs


Changer le regard et les forces



Et sauter



Loin


Dans le vide


A peine éclairé



Ce sera un bel été


Pour un beau commencement








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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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