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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:24

 

 

Les mots ne viennent plus, ils se bousculent et s'emmèlent tant qu'il n'arrivent plus à sortir.

Les doigts sont lourds et bloqués, la voix râpe et accroche.  

Il y a la fatigue qui plombe le dos et ce poids sur la poitrine qui bloque le souffle. 

Plus envie d'expliquer, ni de justifier mes douleurs ou mes différences. 

Plus envie de recevoir de leçons ni de remercier pour les miettes qui me sont octroyées.

Se détacher de ce qui, de toutes façons, ne sera jamais, ne sera plus, n'a jamais été que dans mon monde déformé, ma vision faussée.

Admettre l'impossibilité d'être et attendre que cela passe.

Les liens se sont défaits, ils étaient si peu tissés de réel.

Mes rêves d'humanité se sont mangé les murs.

 

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 07:28

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Je perds le sens du beau comme on perd le sens de l'ouïe

Petit à petit il se brouille comme se brouille la vision parfois

Avec lui s'effiloche le sens du temps et de l'espace

Est-il possible de perdre le sens de l'être ?

Peut-on ne plus ressentir l'importance du monde ?

 

C'est une sensation étrange

Un engourdissement des pensées

Un éloignement des sentiments

 

Je me souviens des couleurs du monde

Sans plus pouvoir les distinguer de la grisaille

J'ai mémorisé les émotions de la colère et de la joie

Et jour après jour, j'essaie de les ressentir

Je bricole, j'accomode, je tatonne d'une canne imaginaire

Les rues encombrées des passions et des peurs

 

Mais la logique grignote ma tête et couvre mes mains d'un voile de cataracte

Il est difficile d'avancer sans ressentir

Il est difficile d'avancer sans foi

Quand l'inanité des êtres et du temps 

Remplace peu à peu l'émerveillement d'être.

 

 

 

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 07:48

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J'ai le deuil colérique et violent

Méprisant et dur

 

Chaque mort approfondit mon mépris pour la vie

Cette arnaque qu'aucun chef de pub n'aurait osé inventer.

 

Sans autre but que se perpétuer elle-même

Capable de te faire croire que tu existes

Alors que tu n'es là que pour elle

Pour que se poursuivre encore et encore

Ce manège

 

Mais toi, toi dans tout ça, coincé entre les amibes et tes descendants ?

Toi, tu représentes quoi ? Tu sers à quoi ?

Rêve pas, toi, tu n'existes pas.

 

Du coup, t'as sacrément intéret à inventer des tas de bonnes raisons de vivre et de quoi

donner un sens à ta mort

Les Dieux, l'honneur, le destin, le machin et le truc, la famille et l'amour

Tout est bon pour te faire oublier cette simple vérité

Il n'y a pas de raisons d'être et la question du prince du Danemar n'a pas de sens

Comme le reste, elle n'est que paravent au vide del'avant et de l'après

Ferré disait, " Il n'y a plus rien ", mais il n'y a jamais rien eu

S'en apercevoir te laisse les mains vides et le ventre noué d'angoisse

Mais détaché enfin de tous les espoirs et de toutes les ambitions

 

 


 

 

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 12:17

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J'avais besoin de vous

J'avais besoin des mots qui rassurent les enfants

J'avais besoin d'entendre des choses un peu mièvres

J'avais besoin d'imaginer des mains et des épaules

 

Oh, je le savais bien qu'il ne tenait qu'à moi

De résoudre les problèmes

De remonter la pente de boue glissante

De prendre à bras le corps le cours de ma vie

 

Mais pour un petit moment

Je rêvais d'être au chaud

Bercée et consolée

En adulte mal grandie

En enfant apeurée

 

Je ne voulais pas vous faire porter

Le poids de mes erreurs

Je ne cherchais pas à me défausser

De mes responsabilités

Enfin retrouvées

 

Mais pour un moment

Un petit instant

Avoir droit encore à l'épouvante

Et appeller au réconfort

Des voix qui chuchotent

Et des bras qui bercent

 

Pour un instant

Me mettre à l'abri

Des cauchemars du réel

 

Je ne voulais que ça

Le droit de pleurer ma peine

Et ma peur

 

 

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 09:13

 

 

J'ai coupé mes cheveux à ras

Comme on referme une porte

 

J'ai oté de mes traits cette masse

Comme on essuie un maquillage

 

Ils étaient flamboyants

Imposants et beaux

Indécemment vivants et exigeants

 

Ils avaient été le signe de la vie renaissante

Le flambeau d'une nouvelle ère

 

J'avais cru cacher dans un rouge insolent

La profondeur sombre de leur naissance

 

Ils étaient le manifeste d'une force rêvée

De l'équilibre dansant de leurs boucles

 

Cette époque est finie

J'ai retrouvé le calme arrondi du crâne

La structure fragile de l'os

 

Dépouillée de ce que je ne serai pas

Le dénuement du monde est plus clair

 

 

 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 13:46

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Écrire m'est un besoin. Ou pas. C'est toujours le signe d'un état extrême, mes textes n'obéissent à aucun plan, ne représentent aucune oeuvre ou ébauche ou que sais-je encore.

Ils sont ce qui sort et qui ne peut rester dedans. Dans la mesure du raisonnable, enfin il me semble, le pire reste coincé et ça, c'est un autre problème.

Parfois, les humains qui me croisent hors des lignes s'étonnent de me voir différente. Je me suis déjà faite insultée à cause de ça.

Oui, je peux rire juste après avoir écrit quelque chose de très noir ou être en morceaux tout en publiant quelque chose de drôle même si c'est moins courant, je l'admets.

Écrire ici, exposer mes mots, relève sans doute d'une thérapie sauvage et il va sans dire que je vous prends, lecteurs, à témoin, pour juge parfois, pour médecin aussi alors que ce n'est pas là votre volonté.

J'en suis désolée.

Du coup, le problème se double au lieu de se résoudre.

N'ayez pas peur pour moi, je ne vais pas plus mal aujourd'hui qu'hier, je suis ce que j'étais, ni plus, ni moins.

Ce qui n'est pas très réjouissant d'ailleurs si on y pense.

Pas d'amélioration, pas de construction, pas d'avancée. J'en ai pris mon parti, je suis passée à côté de tant de pans de ma vie, qu'il serait ridicule et pathétique de les vouloir rattraper. J'essaie de bricoler un abri de vie potable, parfois ça marche, parfois pas. Il n'y a pas de quoi réveiller les voisins.

Les humains dans mon cas sont légions et de toutes sortes, apparaissant sous toutes les formes.

Les timides, les cassés de dedans, les qui se roulent par terre lorsqu'ils sont seuls chez eux. 

Les hyperactifs, hyper engagés, hyper à l'écoute du monde, les agressifs, les intrusifs, les comiques, les dragueurs, les silencieux, les bavards, les solitaires, les sociables. 

Certains sont doubles faces, j'en suis une. 

Si vous me rencontrez, si je suis dehors, c'est que les forces sont suffisantes pour cela. Je risque d'être très, trop gaie, motivée, prenante, prolixe et impliquée.

Ce qui peut provoquer de lourds malentendus, lorsque la fatigue me prend.

Lorsque sortir sur le palier est une épreuve, croiser des humains, une charge sans nom.

C'est souvent un choc pour ceux qui me connaissent peu. Un malaise pour ceux qui supportent mes allers retours du trop noir au trop clair depuis longtemps.

Difficile d'accompagner sans aider qui l'on aime et difficile de continuer à aimer qui on ne peut accompagner.

Mes mots ici, les montrer surtout, et merde pour la pudeur, me sont indispensables mais je ne voudrais pas vous apeurer ou vous blesser.

 

Et puis c'est comme d'habitude, ça passera.

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 13:04

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Les fantômes n'ont d'immatériel que leur légende

Leur poids lui est réel

Leur masse encombre l'espace

S'insinue dans les failles de la vigilance

 

Nul besoin de la nuit pour les sentir peser

Nul jour ne les fait fuir

Ils sont le temps immobile

 

Gangue lourde 

Sables mouvants

Chaussures de plomb

 

Leurs voix couvrent celles des vivants

Et encombrent ma tête

 

Le passé chaque jour

Plus présent que l'avenir

Plus vif

Plus attirant

 

Les matins à vivre encore

Semblent vides

Sans attraits 

Sans saveur

Déjà vus

 

Je connais le goût des lendemains

Leur amertume

Leur vacuité

Leur lot de poussière

Chacun d'eux est plus difficile

A prendre au sérieux

 

Tout semble vain

A qui a trop de mémoire

Pourquoi recommencer toujours

Rembobiner éternellement le même film

 

Il n'y avait rien avant

Il n'y aura rien après

Finalement nous ne faisons

Que combler l'ennui des jours

En attendant la fin

A coup d'illusions

D'ambitions et de rêves

 

Rien n'existe qui ne sera détruit demain

Ni nous

Ni les pierres du chemin

Ni les oeuvres les plus belles

A quoi bon lutter ou créer

Puisque

Objectivement

Rien n'existe vraiment

Et qu'il suffit d'attendre

Pour que tout devienne dérisoire

 

La réalité des hommes et du monde 

N'existe que dans la fragilité de nos mémoires

Autant dire qu'elle n'est pas

 

Il n'y a rien 

Il n'y aura rien

Il n'y avait rien

 

Sortir de la course

Regarder s'agiter

Ceux qui pensent exister

Attendre sagement dans la salle d'attente

Que le temps soit enfin venu

Que cesse la comédie aux masques affairés

 

Retrouver la réalité du néant

Et dormir

 

 

 


 

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 16:02

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Je n'essaierai plus d'être où je n'ai pas à être

Je ne ferai plus semblant d'avancer

Quand l'immobilité seule me reste

Je ne cacherai plus ni peurs, ni faiblesses

Je me priverai de ce que je ne peux pas recevoir

Je n'espérerai plus en des lendemains

Qui ne chanteront de toutes façons pas

Il n'y aura pas de miracles

Le temps a passé

Qui ne reviendra pas

Je resterai sur le côté

A observer la vie et son mouvement

Que je ne comprends pas

Je n'essaierai plus de monter dans ce train

Dont j'ai loupé tant d'arrêts

Je creuserai mon terrier au profond

Je continuerai à vous aimer de côté

Je resterai là pour l'aider Elle

Je rirai de plaisir à vous voir vivre

A La voir grandir et marcher dans son chemin

Je n'essaierai plus de vivre ce qui ne m'est pas destiné

Je tâcherai de prendre le moins de place possible

Je ne ferai plus semblant d'être votre égale

Je resterai à ma place

En tentant de supporter mon propre dégoût

En priant je ne sais qui

Que le temps passe vite

Que je n'abîme plus rien

Que je ne salisse plus rien

Que je ne dérange plus rien

Mais je ne ferai plus semblant

D'être heureuse d'être

Ce que je suis

 

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:34

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Les dépressifs

Les pas joyeux

Les sans espoirs

Les inutiles

Les pas au point

Les qui savent pas

Les qui ne sauront jamais

Les solitaires

Les enfuis

Les inexistants

Les portions si congrues qu'il n'en reste rien

Les qui voudraient mais qui ne peuvent pas

Les sans courage et les sans forces

 

Vous souhaitent à tous une belle et heureuse nouvelle année

 

De toute façon ils n'ont pas le choix

Quoi qu'ils en pensent

Quoi qu'ils ressentent

Aussi sombre que soit leur esprit 

Aussi désespéré que soit leur avenir

 

Ce n'est pas le moment

Ce n'est pas le jour

Faut faire avec

Faut faire semblant

Faut pas déranger

Faut pas faire de bruit

 

Déjà qu'en général 

Ils n'en font guère

Ils sont ces jours-ci

Un peu plus silencieux que d'habitude

Plus discrets

Plus raseurs de murs

 

Faut pas gâcher la fête

 

Et puis

Depuis le temps qu'on leur explique

Que leur tristesse n'est pas vendeuse

Qu'il faut se bouger

Se remuer

Avancer

Construire

Sourire

Exister

Faire avec

Ne pas s'écouter

Passer par dessus

 

Ils pourraient faire un effort quand même !

Les autres le font bien

Pourquoi pas eux ?

On le sait bien 

Que ces gens-là n'ont pas de volonté

Alors qu'ils la ferment 

Qu'au moins ils ne fassent pas tâche

 

Les pas heureux

Les pas au point

Les inadaptés

Se doivent se doivent de se taire ces jours-ci

C'est quand même le minimum de politesse

Que l'on attend d'eux


 

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 10:44

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Mon corps n'est même pas mon ennemi

Il est une entité lourde aux constants besoins

Un compagnon de chaîne capricieux et geignard

Pour lequel rien n'est jamais gratuit

Chaque plaisir se paye au prix fort

D'un entretien tyrannique et constant

Impossible de l'éviter 

Le contourner

Le nier

A peine si je peux l'ignorer un moment

Qu'il revient sur le devant de la scène

Prend tout l'espace

Hurle et se plaint

Indispensable interface au monde et aux autres

Tricheur sans scrupules

Lâcheur et hypocrite

Despote ricanant

Goinfre puant

Plaie vivante

Je n'ai pas le choix

Je dois le supporter

Parasite goulu

Dévoreur d'énergie

Masse dérangeante

Même pas solide

 

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