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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 08:13

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Il n'y aura pas de gâteau, pas de bougies non plus. Je ne fête plus les anniversaires, il y en a trop. Chaque année accroît le poids des dates. Célébrer les naissances des vivants me ramènent aux jours de ceux à qui l'on ne souhaite plus rien. 

C'est une réaction puérile, les poings serrés contre les paupières fermées, si je compte jusqu'à mille, rien ne se sera passé, rien ne sera vrai. Suivre le bord du trottoir sans marcher sur les lignes et lire dans chaque nuage une promesse jamais tenue.

Septembre et janvier, plus que les autres mois, me sont lourds, mes pieds peinent à s'arracher du sol, mes gestes s'engluent dans un brouillard poisseux.

Je ne veux plus souhaiter une merveilleuse année à quiconque et ressentir la fragilité de mes vœux.

Il n'y aura pas de gâteau, je vous aime.

 

 

 

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 07:21

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Aussi longtemps que tu risqueras de mourir, je resterai en vie. 

Je monterai la garde les mains vides, sans une chance de te sauver

et sans jamais cesser de tenir ta tête hors de l'eau.

Je mimerai le feu, te raconterai le soleil pour réchauffer ta peau.

Je te tiendrai la main et nous ferons semblant de repousser la tempête.

A ce jeu ne gagnent que ceux qui s'obstinent à jouer.contre tous les discours

Contre toutes les vérités, je ferai de tes draps des voiles de soie au matin du Mékong

Des cerf-volants aux ailes de papillons, de ceux qui survolent les îles au matin.

J'étendrai mes bras pour te les tisser en berceau d'osier et de mousse, niché au haut d'un arbre

Aussi longtemps que ma gorge pourra te dire, je te raconterai des histoires d'étoiles et de pâquerettes, de rivières et de rochers murmurant.

Après, après, je chanterai en bourdonnant si doux, si bas que ma voix te portera où tu iras

Alors, on dirait que tu serais le rire de clochettes au matin de l'océan et que toujours je l'entendrai.

 

 

 

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 06:58

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Il y en a toujours un de Baumugnes. Toujours.

Un qui est là quand les grands esprits contemplent leur tristesse ou leur noirceur.

Un qui est là pour ramasser les débris de la fête et nettoyer les restes.

Remettre les choses délicatement à leur place, sans se plaindre,

sans attendre d'être devant. 

 

Souvent il est invisible ou presque. On ne se souvient pas toujours de son nom.

On ne le cherche que lorsque le besoin se fait sentir de recevoir de l'aide.

Puis on l'oublie dans sa simplicité.

La simplicité ne fait pas recette.

Elle manque de panache.

 

Celui de Baumugnes se contente de voir passer le temps sur sa montagne.

Il est heureux et malheureux de la vie des autres.

Il frèmit de peur lorsque nous allons mal et reste là à nous tenir la main.

Sans mots inutiles.

Il avance chaque jour dans son petit chemin, sans public, sans projecteur.

 

Il est facile à moquer avec ses grandes mains si ouvertes.

Son regard si clair que l'ombre n'y trouve place.

Et puis, celui de Baumugnes, c'est pas le genre à défendre son image.

A batailler pour son bout de gloire.

On n'y prête pas plus d'attention qu'à un chien fidèle, sa présence va de soi. 

 

Pourquoi se géner ? Il est là pour porter la traîne, nettoyer la route, écarter les ombres.

Il est là pour payer la livre de chair qu'il n'a pas engagée. 

 

Ceux de Baumugnes restent seuls à la fin et portent le poids de nos renoncements.

De nos ambitions démesurées de fils des dieux.

Nous en avons tous un ou une autour de nous.

Mais il faudrait pour les voir, contempler leurs yeux face à face.

Et nous les prenons si souvent de haut que nos regards glissent, ignorants.

Si loin au-dessus d'eux.

 

Prenez-en soin, ils sont la meilleur part de l'humain.

Celle qui sourit et console, celle qui plante et nourrit.

Celle qui berce les douleurs que parfois ils ne peuvent comprendre.

Mais qui jamais ne lâche. 

 

Ils sont les mains qui restent vides quand notre orgueil imbécile les méprisent.

Plantés face au soleil, ils restent debout quand nos égos nous mettent à genoux.

Ils sont ceux qui se déchirent de nos souffrances.

Ils partagent leur pain, ne gardant que les miettes.

 

Ils sont le sel de la terre.

 

 

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 09:13

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Elle est venue si légère dès le premier instant, sans douleur, sans problème.

L'humeur douce, égale. Sans souci, les jours coulaient.

Avec juste parfois, ces peurs inconnues qui surgissaient, ces angoisses sans cause.

Et la peur du temps aussi un peu, le souci de l'autre, de son regard.

Mais si peu de place donnée à elle-même.

Elle a grandi dans nos mensonges, nos manques, nos immaturités conjuguées,

nos exigeantes fêlures.

Avec lui qui ne savait pas donner et moi qui ne savait pas tenir.

Pas de magie de l'enfance, pas de fées ni d'imaginaire embellissant le monde.

Parce que ceux qui l'avaient amenée là étaient si peu réels qu'il fallait bien

que quelqu'un le soit.

Et ce fut elle avec ses petites mains qui tint notre monde à bout de bras.

Continuant à croire en nos forces avec une foi de charbonnier.

Combien d'enfants ancrent leurs parents, combien tombent de nous tenir debout,

combien payent nos rêves tous les jours et en oublient les leurs ?

Par un amour fou, une confiance totale et mal placée.

Lorsque vient le temps de comprendre, ils assument ce que nous sommes comme

nous ne l'avons jamais fait et portent nos sacs.

Qu'ils finissent par partir ou restent à faire semblant de croire à nos mensonges, ils portent les cicatrices de ces blessures que nous leur infligèrent.

 

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 05:43

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J'ai un frère de lune

Tombé du même rayon

Pas plus rusé

Qu'avide

 

Obstiné et têtu

Tisseur de rêves

Arpenteur de nuits

Confiant

 

A aimer sans trêves

A se donner

Sans jamais en compter

Le risque

 

Aux yeux d'une infinie douceur

Au rire voilé

Fêlé de vieilles déchirures

Rapiècé

 

Et courageux avec ça

Chevreau entêté

A courir la montagne

A décrocher les lumières

Inatteignables

 

Il y croit

Il y fonce

Une chute n'est jamais

Qu'une étape

Un palier

Un mauvais moment

 

Plus que moi

Il a gardé

La force du rêve

Lunaire

 

Il y croit

Encore et encore

Il repart en quête

A la poursuite

De cette lumière

Lointaine 

Qui nous manque si fort

 

A toutes forces

Il continue

Il avance mains tendues

A ne pas vouloir admettre

Que ce monde restera fermé

Aux enfants de la Lune

 


Sans doute

A-t-il raison

 

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 06:32

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La Grande m'avait téléphoné un après-midi de soleil à la fin de l'été. J'étendais du linge sur la terrasse, la forêt se défaisait tout doucement de ses feuilles, l'air était tranquille. Je me souviens m'être assise par terre, les jambes soudain absentes, les mots explosaient, coincés dans la gorge, miettes inavalables.

C'était un jour de rentrée scolaire, j'avais laissé ma fille à l'école maternelle et rentrée à la maison, j'avais savouré mon café au soleil à l'heure même où il était mort.

Je ne l'ai pas crue, la Grande, c'était juste impossible. La croyance et moi, n'avons jamais fait bon ménage.

Je n'ai pas pu le voir, je n'ai pas pu y croire.

J'avais perdu la légitimité de le pleurer longtemps auparavant.

Mais les années ont passées, la peine ne s'est pas allégée, plus lourde à chaque fin d'été.

Il est resté, avec mon père, la perte la plus intime, la moins partageable.

Depuis, rire grinçant du destin, mes septembres se sont alourdis d'autres peines, d'autres pertes.

Celui qui vient à peine de commencer, déjà, lui aussi, allonge la liste des voix disparues.

 

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 05:46

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L'anniversaire du mois de mai n'a pas changé. Depuis douze ans maintenant, je passe un coup de fil au lieu de deux. Ma mère n'arrive pas à passer ce coup de fil unique, ça coince, c'est douloureux et la douleur inutile, elle l'évite. Même si pour cela elle doit en provoquer une chez l'autre. Car enfin, lui aussi vit l'absence depuis douze ans, ce n'est pas de sa faute à lui si ils ont la même date d'anniversaire. Je suis allée le voir il y a quelques semaines. J'ai revu leur soeur aussi juste avant, ça faisait longtemps. Il est venu me chercher devant l'église pour que je me perde pas dans ce dédale d'allées et de bâtiments. Je l'ai vu arriver de loin, petite silhouette voûtée, se hâtant précautionneusement. Je n'étais pas venue à Toulouse depuis que mon père y avait été hospitalisé. Je ne l'avais pas revu lui depuis six ans. Le temps et moi ne faisons pas bon ménage. Je l'ignore, le méprise, il m'attaque, me vole l'instant, saccage ma vue. Assise dans sa cuisine, j'ai pris un café avec eux comme je l'avais fait quelques jours plus tôt en Lorraine, dans la vieille maison que leur soeur maintient intacte, moins comme un musée que comme un défi aux hommes et au temps. Rien ne bougera là-bas qu'elle ne le veuille et elle ne le veut pas. Comme d'habitude lui et moi, avions envie de rire et de parler d'histoire ou de politique, de faire des jeux de mots stupides et de se passionner sur un point de grammaire ou de philo. Et comme d'habitude sa femme, cette tante qui n'avait jamais compris nos pudeurs bruyantes, est venue exploser notre complicité à coup de jérémiades et de reproches. "et ta mère nous ignore, et ton frère, et ta soeur, la famille, les devoirs, ce qui se fait, ce qui se doit et moi, et moi, et moi." Pour ne pas l'entendre elle, j'essayais de le faire parler, lui. Je fabriquais des perches énormes, des passerelles interdites où lui seul pouvait s'engager. On a parlé du XII° siècle et des guerres de religion du XVI°, des élections à venir, des livres qu'il voulait encore lire. Le prof passionné, le chercheur qu'il avait été, passeur fou de savoirs, remontait jusqu'à ses yeux, changeait sa voix, son rire éclatait. Mais la voix de chèvre aiguë parasitait tout et par habitude un peu lasse, il l'a laissé prendre la place, s'étaler en suintant d'égoïsme inconscient. Nous nous regardions sans un mot par-dessus ses yeux vides. Les mains volettantes devant son visage, elle penchait sa petite tête fine d'oiseau accapareur, elle grignotait nos liens, s'introduisant dans tous les interstices du moment. Je ne me suis pas laissée faire, je n'ai plus de peur. Au-dessus de ses mots hachoirs à faire mal, j'ai opposé un refus, j'ai dit à quel point nous n'aurions jamais le même sens des convenances et que cela n'avait jamais eu d'importance et n'en aurait jamais. Que ce qui nous liait tous était ce mort, père, époux, frère jumeau, dont son mari était le reflet, la part restante. Nous nous sommes remis à parler de la Régence et de la mort de Louis XIV, il souriait, elle ne le voyait pas mais sentait qu'elle ne nous atteignait plus, qu'il était, pour une poignée à peine de minutes, hors de ces murailles qu'elle avait bâties autour de lui et qui nous ont tant éloignés. Ils m'ont raccompagnés jusqu'au métro, accrochés l'un à l'autre, indispensables, indissociables, nous ne pourrons jamais nous dire que nous nous aimons.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 10:40

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" A l'an qui vient si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins "

 

Depuis plusieurs années maintenant, cette phrase me revient en tête à chaque mois de décembre.

 

Des voeux, des souhaits, des bonnes pensées et des dictons, cette période en est pleine.

 

Des religieux, des laïcs, des révolutionnaires, des sentimentaux, des amicaux, des familiaux.

 

Celui-là est différent, plus sombre et plus lumineux que les autres.

 

Le rappel de la seule peur qui nous soit à tous commune.

 

La perte et l'absence

Ce trou qui jamais dans l'eau ne se refermera

Ce poids des matins sans fin

 

L'éternel recommencement des jours devenus vides

Les questions et les les doutes

La douleur indicible

Les mots que l'on apprend à retenir d'année en année

Pour ne plus déranger les vivants

 

Ces pas qui s'enchaînent sans but

Ces bras trop vides 

Sans plus rien à étreindre

Les voix qui disparaissent

Au fond des mémoires

Les parfums de la peau chaude

Que l'on aimait embrasser

 

Cette haine de soi d'oublier

Ce que l'on voudrait garder à jamais

Ce dégoût de continuer à être

Quand l'autre n'est plus

 

Oh, a l'an que ven, se siam pas mai que siguem pas mens !

 

Que personne cette année ne disparaisse dans ce grand vide

Que nul ne vienne un matin m'apprendre encore une perte

 

Prenez tous soin de vous

Autant que vos vies m'importent

Aimez-vous

 

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 10:02

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Les années n'y font rien

Les images demeurent

Les questions ne font que croitre

Les manques ne se comblent pas

 

Il y aura toujours une moto à dévier

Un désespoir à alléger

Une maladie à combattre

Un jeu à arrêter d'un baiser

 

Cette horloge que l'on ne peut inverser

Ces mots qui n'ont pas était dits à temps

Ces gestes que l'on n'a pas pu faire

Cette main que l'on n'a pas su tendre

 

Et nous restons

Année après année

Toujours plus vides

Emplis de doutes

 

Le coeur trop plein

D'une mémoire inutile

Les bras en manque

D'un corps à serrer

 

 

 

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 17:52

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Parfois je t'appelle ma belette quand je pense à toi.

Que je te parle dans ma tête.

Si je t'écris, je retiens ce nom.

Je sais qu'il a pour toi le son d'une autre voix.

Je n'ose pas.

Mais belette, c'est aussi le petit nom de ma puce.

Le nom de pas mal de puces,j'imagine.

Il me vient naturellement mais je le retiens.

C'est peut-être stupide.

Ne pas oser le mot doux, pour ne pas aller trop loin.

Ne pas dire que l'on aime, pour ne pas risquer la faiblesse.

Ne pas tendre la main, pour ne pas craindre le refus de la caresse.

 

Je ne perdrai plus de temps à ménager les orgueils, à protéger les défenses.

Je t'apellerai belette quand le mot me viendra.

Je te dirai je t'aime quand l'envie m'en prendra.

Je t'engueulerai de même.

Je te pourrirai de câlins à notre prochaine rencontre.

Et ça t'énervera et ça me fera rire et je recommencerai.

 

On a jamais trop de belettes jolies dans une vie.

Et il te va si bien ce nom si vif et soyeux.

 

 

 

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