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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:43

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C'était il y a si longtemps qu'il me semble parfois n'avoir pas vécu cette vie-là. Un temps qui me ressort par les bribes de mémoire, toujours plombé de pluie et de ciels bas. Même l'arrivée à Marseille n'avait pas changé la lumière de nos jours. Un trou gris comme il y a des trous noirs. Un vortex lent, dévoreur de mouvement et de clarté.

Mes ongles étaient rongés et mon corps pesant se traînait en s'économisant.Rasant les murs, l'oeil vers le bas, le geste peureux. Englué de lourd sans s'en apercevoir. 

Mais Marseille est têtue, c'est une ville-chèvre qui jamais ne s'avoue vaincue.

A coups de bruits, de rires et de cris, de corps rapides, courant de rues en placettes, elle a soulevé un coin du manteau. S'est engouffrée dans le moindre interstice, a multiplié les miroirs des regards et des mots, m'a forcé à regarder le soleil se lever.

 

C'était aussi le temps du début de la Toile déchaînée, quand elle échappait à ses créateurs sans bien savoir encore où elle allait. Une petite fenêtre où passaient des brins d'herbe folle et des sauts périlleux époustouflants. 

Le premier réveil est venu de là. Un vieux regard qui se souvenait, l'étonnement de se savoir vivante dans une mémoire. L'émotion de se savoir au coeur d'un pantai* si vivace qu'il avait traversé le temps.

Et un jour, au détour d'une brassée de liens, des mots brisés, des cris si articulés que tu ne pouvais passer à côté sans y risquer ton humanité. Une voix délicate, usée, où les ordures se mêlaient à la sanie, la beauté la plus pure à la bonté la moins mièvre. Un combat incessant pour être, un abandon des pudeurs et des masques. Une évidence à dire le mal, un besoin impérieux de le nommer.

 

Il a fallu encore bien des années pour sortir du vortex gris. Mais ces deux rencontres, l'une surgissant du passé, l'autre du néant, l'une habitée d'un corps et l'autre sans même un visage, sont à l'origine du premier frémissement, de la première poussée.

 

Merci à vous deux.

 

 

 

.* rêve, vision, songe, projet irréel, rêverie consciente

 



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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 06:48

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Du gouffre sombre monte un froid glacial

Un vent coulis obsédant

De ce froid de la  vraie nuit des étoiles

Sans vie 

Hors du temps 

Hors du Mal ou du Bien

 

C'est pourtant bien là

De ce puit sans fond

Que jaillit sans raison

La lumière 

La chaleur et le don

 

A condition de ne jamais

Se retourner sur le vide

Ne pas ouvrir les portes

A l'obscurité

Ne pas nommer

Ce qui ne doit pas l'être

Ne pas montrer

Ce qui ne doit pas être vu

Ne pas livrer ce qui ne ferait qu'assourdir

La lumière des Autres

 

 

 

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 09:22

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Faut qu'on se parle

Faut qu'on se cause

Faut que tu me dises

Faut que je te raconte

Faut qu'on échange

Faut qu'on se mélange

Faut rien garder

Faut rien lâcher

Faut voir venir

Faut pas s'en faire

Faut s'éloigner

Faut se préserver

Faut s'engager

Faut se livrer

Faut pas flipper

Faut avancer

Faut continuer

Faut faire ensemble

Faut faire avec

Faut pas pleurer

Faut s'entraider

Faut s'embrasser

Faut se consoler

Faut s'enlacer

Faut se prendre la main

Faut se serrer les coudes

Faut se tenir chaud

Pour exister

 

 

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 13:03

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Un ami m'a envoyé ceci, récolte et compilation de mes

 

commentaires sur les textes de son site.

J'avais complétement oublié ces mots. Merci, Grand.

 

 

Croire et décroire
Ravauder l'âme ébréchée
Émerger du rêve
Au plein cœur de la nuit
Chercher la lumière
Et rencontrer le vide

 

Et si la solitude n'était qu'un silence serein où l'on peut entendre

le monde tourner sur lui-même ?
Ne plus chercher l'écho, ne pas chercher à mailler le silence,

ni même à le peupler,

juste l'apprivoiser et le savourer ?

 

N'attendre jamais du mot
Que ce qu'il peut donner
Bien rarement un pont
A tout prendre
Un miroir
Savoir que l'autre jamais
N'entendra le cri
Ni n'habillera la solitude
Qui est notre

 

Est-ce mentir que de se raconter des histoires,

comme on endort les enfants, avec tendresse et patience ?
Les réalités sont-elles plus belles que nos constructions d'imaginaires ?
A rêver ses espoirs, les moulins deviennent vraiment des géants,

les Dulcinées sont réellement belles et nous regardent

avec les yeux que nous attendons.

 

Les miettes de rêves éclatés
Irritent la peau
Trainent au fond des lits
Ressurgissent de sous les oreillers
Mais disparaissent
Au grand ménage de printemps
Du mois de septembre
On s'occupera de te fournir les éclats de rire
De ceux qui camouflent
Jusqu'aux fêlures des statues de cristal

Puis le cristal

 

 

Bleu ciel attardé
Ombres moites des rues chaudes
L'été s'accroche bien

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 09:34

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Je ne voulais pas jouer

Je n'aimais pas ça

Je ne voulais pas sortir dans la cour

Je n'avais rien à y faire

Je n'y étais pas bien

 

Le monde tenait sur mes genoux

Je fermais à demi les yeux

Lorsque la fatigue arrivait

Grignotant encore une ligne après l'autre

 

Mon corps immobile

Se faisait oublier

Mes mains suffisaient 

A tourner les pages

 

Les yeux seuls agissaient

Transmetteurs de mots

Tricoteurs d'images

Passeurs attentifs des émotions

 

Quand lassée de me faire traquer

Je sortais de mes livres

Rejoindre les autres enfants

Je poursuivais mes rêves

 

Mon corps engourdi et balourd

Se prêtait avec maladresse

A ces jeux où s'aiguisaient

Le sens du pouvoir

 

A la première occasion

Je m'échappais du cercle

Observant de côté

Le déroulé des rondes

 

S'il ne m'était pas possible

De retrouver mes livres

Je plongeais dans un jeu solitaire

Où de brindilles en galets polis

 

Je bâtissais un monde

Entre les racines d'un arbre

Au pied d'un mur usé

Dans le creux d'une ornière

 

Attendant l'heure de rentrer enfin

Au chaud des mots écrits

Dans la tanière des phrases 

Étincelantes au coeur du silence

 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 10:52

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Ce qui reste après la chute

 

Eparpillé

 

Approcher sans blesser

 

Soigner de tendresse

 

Les plaies encore à vif

 

La bouleversante douceur

 

Apprivoiser le doute

 

Rassurer la crainte

 

Revenir à la vie

 

En tendant la main

 

Vers l'autre

 

Rien n'existe qui ne risque

 

De disparaitre

 

Le savoir et avancer

 

Quand même

 

Parler pour se dire

 

Fuir le jugement

 

Eloigner le passé

 

Sans attendre l'avenir

 

Lire à même la douceur

 

De la peau

 

Les raisons d'exister

 

Puiser au sourire

 

La tristesse à bercer

 

Et s'endormir enfin

 

De chuchotis en murmures

 

 

 

 

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 05:29

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L'ombre s'installe

 

Dans le temps

 

Immobile

 

 

La nuit s'étire

 

Au sombre du vent

 

 

Et quand survient

 

La peine

 

 

Au pivot d'équilibre

 

Des nuits sans lune

 

 

Danse

 

 

Et séduis la peur

 

En son être

 

 

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 07:38

18 rue des 3 Mages

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Je vais partir et fermer ma maison

 

Cette  fois n'est pas comme les autres

 

Je pars le ventre serré

 

Le pas lourd

 

 

Pas envie de refermer cette porte

 

Ces fenêtres que je laissais ouvertes

 

Dès que le temps le permettait

 

 

Je ne veux pas ranger mes livres

 

Ma théière et mes coussins

 

Je ne veux pas plier les couvertures

 

Et ranger la vaisselle

 

 

Dans chaque objet

 

Je vous vois

 

Dans chaque miroir

 

J'entends vos voix

 

 

Bien sûr

 

Il y aura d'autres maisons

 

Et d'autres moments magiques

 

Mais ceux que j'ai vécus ici avec vous

 

Je sais qu'ils resteront à part

 

 

 

Alors

 

 

 

J'aimerai demander à tous ceux qui sont passés ici

 

Quelques minutes ou quelques jours

 

Une fois par hasard

 

Ou en rite régulier

 

Ceux qui se sont disputés ou aimés

 

Ceux qui ont rit

 

Ceux qui ont pleuré

 

Ici

 

 

De bien vouloir me laisser un petit mot

 

Un signe ou une image

 

N'importe quoi que je puisse garder en moi

 

Et qui m'aidera à savoir que je n'ai pas rêvé

 

Qu'il y avait bien ici quelque chose de propre à ces murs

 

D'impalpable mais de réel

 

 

En commentaires ou en messages privés

 

Je vous attends et vous embrasse

 

 

 

 

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 08:38

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Affoler les fous et effrayer les effrayants

 

Trop intense

 

Tarasque déhanchée déambulante

 

De l'être désincarnée

 

 

 

Figure archètypale des premières femmes

 

Des guerrières farouches

 

Aux putains sacrées

 

De la mère éternelle

 

A l'ogresse dévorante

 

 

 

Ne dévoile jamais ta face

 

Aux hommes assis

 

 

Qu'ils n'aient nulle crainte

 

En leurs certitudes

 

 

N'attend rien du temps

 

Ni de l'espace

 

Tu porteras toujours

 

En tes traits

 

 

Leur crainte affolée

 

 

Dans tes os

 

Sur ton front

 

Et sur ta solitude arrimée

 

Comme un voile d'irrélle pudeur

 

Passeront les regards

 

 

 

 

 

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 10:52

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D'un matin l'autre

 

La nuit s'éloigne sombre

 

A l'éveil du monde

 

 

Sous les paupières hésitantes

 

Marchent les ombres

 

La paix de l'ailleurs

 

 

Le lieu des sourires disparus

 

La fraîcheur des voix éteintes

 

Les démarches dansantes

 

 

Reculer l'instant du réel

 

Refuser l'éveil

 

Rester au chaud du temps

 

 

Ne pas vouloir savoir

 

Qu'ils ne seront pas là

 

Au détour d'une rue

 

 

 

Et se lever enfin pour

 

Au bout de l'attente vaine

 

Accepter de continuer

 

 

 

 

 

 

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