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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 17:03
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La pluie d'octobre

Recouvrait les champs

Noyait les feuilles

Une vague brouillasse

Sans fin

D'arbres en talus



Un couvercle gris

Dense

Comme un dimanche


Un soir d'automne

Journée engloutie

Sans jamais avoir

Vraiment commencée


Lampes allumées

Au déjeuner

Brouillard de mots

D'occupations sans importance


Et cet après-midi qui ne passe pas

Ce temps étiré en anneau de Moebius


Demain

Tout se vivra demain


Ce soir

J'ai quatorze ans




Je l'écoute en boucle




Le ventre se creuse

De l'heure du soir 

Qui avance


Je ne comprends rien aux mots

L'anglais

c'est pas mon truc




Je l'écoute en boucle





Pour les voix

Les notes distinctes

Si pures

Des guitares


Une vision sonore

Une incarnation

De ce trou d'angoisse molle



Le son du dimanche soir






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Merci Yelrah





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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 05:31
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" Etre responsable de la peine  ressentie par autrui

Ne se cacher derrière aucune rhétorique

Aucun faux-fuyant

Ne pas oublier derrière son bonheur personnel

Les dégats qu'il entraine

Parfois "




J'ai tout fait

Pour ne pas savoir



J'ai tout essayé

Pour ne pas payer


J'ai tout fui

Pour ne pas répondre




De mes actes

Ni de mes absences



Mes pensées étaient bonnes

Mes intentions pures


Aux autres de comprendre

Mes circonstances atténuantes





A partir toujours plus loin

J'ai bien failli réussir

A ne pas savoir

Que j'avais les mains sales




J'espère ne plus oublier

Où est ma responsabilité








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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 07:48
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J'sais pas pourquoi

Y'a des matins

Des jours

Des nuits

Des moments pleins

Des sourires ronds

Des gestes doux

Des verres de vins

Couleur rubis

Un peu bâteau

Un peu convenu

Rien d'original

Rien de révolutionnaire

Du bien commun

Du déjà vu

Du surfait

Sans concepts

Sans grandes idées

Y'a des matins

Où je me sens bien




.





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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 05:30
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En hommage au Gabian qui me l'a demandé, je précise AVANT le texte que celui-ci est ancien (2005).
La seule différence avec maintenant, c'est que je ne vends plus de frites au black mais de beaux gâteaux avec un cdi au smic.
Wouahou, j'm'embourgeoise !
J'attaque ma troisième année au même endroit et ça, ça ne m'était jamais arrivé avant en ...27 ans de boulot






Quand j'étais une très petite jeunette de printemps

J'ai eu une révélation.

Une vraie.

 

De celles qui te marquent pour la vie toute entière

jusqu'à ta mort et orientent le moindre de tes choix.

 

Je rentrais benoîtement de l'école, rien de spécial à l'horizon,

Pas de comète traversant  le ciel

Ni de trompettes retentissant dans les nuées.

 

Rien.

 

Mais tout à coup, entre deux pensées vagues

Une  évidence, une fulgurance,

la Vérité frappant à la porte de mon cerveau :

 

Quoi que l'on fasse, on trouve toujours moyen de vivre jusqu'à l'heure de sa mort.

 

Ca n'a l'air de rien, mais il ne faut pas oublier que je n'avais encore jamais

Entendu parler de Monsieur de la Palisse.


Les implications induites par cette révélation s'enchaînèrent dans mon esprit à la vitesse d'une réaction moléculaire :

 

Pourquoi me prendre la tête pour organiser ma vie puisque je serai vivante jusqu'à ma mort ?


C'est  ainsi que je devins la petite fille la moins obsédée de son avenir qu'il me fût donné de connaitre.

 

Pas une glandeuse, ni une roublarde, non,

Juste une inadaptée chronique incapable de s'inquieter de ses jours futurs.

 

Je ne peux pas dire que cette particularité de caractère 

A amené la paix et la sérennité à mon entourage au fil des années.

 

Non, franchement, on peut pas dire.

 

Mais elle n'a pas eu que de mauvaises conséquences.

 

Bien sûr, je n'ai pas fait les études qui auraient dû être les miennes,

Je n'ai pas fait de carrière

Et mes coups de tête n'ont que peu fait rire

Mes banquiers au cours du temps qui passait.

 

Mais, je n'ai, en contre-partie, jamais travaillé pour des cons plus de quelques semaines, je ne suis jamais resté à ma place et je n'ai que bien rarement laissé ma langue dans ma poche.


J'ai appris une vingtaine de métiers différents et suis autant capable de monter un mur de pierres à la chaux  ou de poser une toiture en ardoises taillées à l'ancienne, que d'organiser des réunions de marketing, faire l'attachée de presse ou rédiger un texte sur commande.

 

Naturellement, je sers aussi  en terrasse, fais valser les friteuses à la demande  et repasse en pressing entre deux postes de chargée de clientèle ou de truc-muche au fond d'un bureau.

 

Tout ça pour vous dire, qu'au-delà de tous les inconvénients de ma révélation, je ne regrette pas mes choix.

 

La majorité d'entre eux tout au moins.

 

Ainsi, je n'ai jamais, ou presque, gagné ma vie avec mes passions.

 

De moins en moins, en fait.

 

Plus je vieillis, plus je suis sensible à la morale et à la déontologie.

 

Et c'est pas pratique pour manger.

 

Mais c'est mieux, pour dormir.

 

Vu de l'intérieur, les milieux universitaires et enseignants, ceux de presse ou d'édition, les associatifs et les  créatifs, les gens de scènes ou de lumière, n'ont plus que leur être à te donner.

 

Et, ce n'est franchement pas toujours reluisant.

 

Je n'ai pas su faire à l'époque avec les compromissions nécessaires 


Je le regrette pour deux trois trucs,

Comme ces duchmol d'études d'histoire jamais finies qui me manquent tant aujourd'hui.

 

En toute modestie (tu parles...), ce ne sont pas les connaissances qui me manquent, mais, la peau d'âne.

 

Celle qui me permettrai de trouver une planque au smic quelques heures par jour au lieu de faire valser les friteuses au fond d'un snack avant de cavaler à l'autre bout de la ville pour trifouiller mes archives.

 

L'envie du piston et de l'emploi fictif me gagne, ça doit être un effet de l'hiver finissant, ça va passer.

 

Je le sais.

 

Et finalement, les frites, c'est pas si mal, au moins t'as la conscience nette, à défaut d'avoir les mains propres.

 

Surtout si tes frites sont chaudes et que tu n'oublies pas le sel.







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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 20:00
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Je vous ai promis un texte léger pour changer

Mais vas-y donc écrire comme ça

Un truc sympa

P'têt même rigolo

Un truc plein d'esprit

Et d'humour



La vie va comme elle pousse

Y'a des jours bénis

Et des jours sans


Aujourd'hui

C'était une bath de journée



Avec plein de travail dedans


De papotages

De verres à la terrasse

De copines qui sourient



Un livre aussi

Que j'attendais depuis longtemps

J'aime pas l'aut là, l'Amazone

Mes livres

C'est d'abord mon libraire



Il fait dans le vieux, le corné, l'usagé,

Alors je ne les choisis pas toujours

Ceux que je voudrais sont rarement là

D'autres me trouvent et m'adoptent


Celui-là, j'l'avais vu passer

De mes yeux vu

Et ppfftt, disparu, envolé,

Emprunté au vol par un pote de mon pote


Faut dire que cette librairie

C'est un peu le souk

Pas vraiment Virgin


Et la terrasse du café

Touche la vitrine

Ca aide pas au sérieux.


Mon livre à moi donc

Je l'avais vu disparaitre

Et chaque jour ou presque

Je le tannais mon libraire  que j'aime


Ce soir

Il était là

Je l'ai compris de loin à son sourire

J'avais pas d'argent sur moi

Mais on verra ça demain

Ou plus tard


Je lui ai claqué la bise

Comme un matin de Noël




En cerise sur le haut de cette journée

Mon vieux bougon à moi

Mon mieux que frère râleur et fidèle

Mon ami de mes vingt ans

Me téléphone


C'est pas souvent

Et il nous faut bien une heure

Pour papoter de rien

Pour se faire du bien




Je m'endormirais ce soir avec plein de sourires en moi

Le sien, celui de sa femme et de ses enfants,

Les copains dont nous avons parlés

Mon  libraire beau et gentil à la fois

Mes copines d'ici aux yeux tout doux

Les garçons avec qui je travaille



Et mes Veilleurs  d'écrans

Mes sensibles du clavier

Mes danseurs de souris


Quant aux deux minettes gentilles à qui ce texte est dédié

Je ne vous dis pas merci

C'est vrai quoi,

Moi,

C'est le matin que j'aime écrire



Là, fait super tard

Pour une Sardine


Même pour une Sardine heureuse ...






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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 05:57
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Bien ferme en ma posture

Au mitan de ma vie

Le temps s'est emballé

Le Grand Fleuve remonte

A sa source




Voici revenu le temps de la subsistance

Revient l'écho des Jacqueries

Et le bruit  des massacres



Autour de moi

Je sens les remous sales

Des croyances et des interdits

Les peurs viscérales de la faim et du manque



Il faudra durcir  nos enfants

Leur apprendre à se battre

Quand nous aurions voulu

Leur apprendre à rire


Ne pas craindre de perdre

Ce qui n'a jamais été à nous

Mais lutter comme avant

Pour conquérir

Ce qui n'a jamais été donné



Le Pain et la Liberté de le partager




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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 05:44
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L'oeil vague et le neurone en relâche

Un soir par hasard

Sur l'écran noir

Des images de bleu et de gris

Un doc sur Ouessant et ses femmes.



Un long moment scotchée à les écouter parler d'elles

De leur vie d'avant, de celle d'aujourd'hui et de demain

De leurs hommes, leurs enfants, la mer, la solitude

De la force nécessaire, incontournable, indiscutable.



Fin du documentaire, retrour des pubs.



Avant d'éteindre et d'essayer de dormir enfin

Un dernier tour de zapping

J'accroche le visage d'Ascaride

Posée en image sage

Face à trois peintres silencieux

Qui la scrutent et la dessinent.


Entre deux silences

Elle parle


De la pudeur du Sud

De l'austérité

De cette volubilité

Trop souvent confondue

Avec de l'exhibitionisme



Arrive le moment de choisir

Entre les trois oeuvres

Celle qu'elle ramènera chez elle



La toile  choisie est  une flaque de lumière

D'un jaune soleil éclatant

Dans le tiers infèrieur droit

Une petite silhouette noire

Debout

Coupée à la taille

De trois quart

Tête baissée

Cheveux noirs

En frange pudique

Les mains  fermement accrochées

Aux revers de la petite veste noire

Où brillent deux boutons rubis flamboyants




Femme  de tous les temps

Sans visage

En posture de combat

Prête à affronter sa charge


De celles qui savent

Qu'il faudra faire tourner le monde

Nourrir les enfants

Et consoler les hommes




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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 16:28
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C'était un jour un peu à part

Chanter comme ça

Pour rien

C'est pas courant



Les paroles remontaient de loin

Sans ordre

En bouffées de ventre serré




De refrains en bribes de mélodies

Le passé se réagrégeait

En densité de brouillard coloré




Pourquoi celle-la plutôt qu'une autre

N'est plus sortie de ma mémoire

On ne l'avait pas chantée pourtant


Mais c'est elle qui revient


Je l'ai retrouvée

Je me souviens

Je n'avais pas quinze ans



Trente ans de plus

Je sais qu'elle me parle

De ce passé

Dont je ne savais pas alors

Qu'il serait mon avenir.




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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 05:55
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Marseille est la ville de mon désequilibre apaisé

Paris est la matrice de toutes mes composantes

Mais il est un lieu que je n'ai pas choisi

Qui porte la marque de mes troubles

Le carrefour où se recroisent

Sans raisons mes routes



Toujours je suis allée à Nîmes

En clandestine

En loucedé

Ma ville démon

Ma vie décalée




Il n'y a eu aucune exeption

A chaque visite

D'années en années

De crises en remontées



Est-ce l'escargot de la ville

Déroulant ses spirales

Autour des arènes


Mon labyrinthe à moi

Mon parcours passionel

Mes rédemptions

Mes plongées en gouffres profonds



Je n'ai jamais vraiment habité cette ville

Mais j'y ai des souvenirs

Rues après ruelles

Nuit, matin, jour

Par tous les temps

Tous les états

Tous les sentiments


Mon oeil du cyclone

Assoupi dans sa torpeur

Attend toujours

Que je revienne vers lui






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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 20:35
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Un ami m'écrivit ce soir
La chose la plus glaçante
Que je lu depuis longtemps.

Une phrase emplie
D'une souffrance calme
D'un patient renoncement
D'un volontaire abime

" je dépends totalement de quelqu'un qui décide
de quand je peux la voir et de manière totalement imprévisible
et bien trop rare, voilà, pour le moment c'est ainsi.  "


Je ne peux rien dire là
Qui ne serait inutile

Qui peut juger du bienfondé
Des poids que nous sommes prêts à porter
Des charges qui ne nous sont plus rien
Des douleurs calfeutrées enfouies

De celles que laissent aux pieds
Les souliers si jolis et qui dansent si bien



Cela n'est plus mon monde
Mais je me souviens bien

Prends soin de toi




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