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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 06:40

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Ce matin dans ma tête

 

Y'a la Jeune Garde

 

La Chanson de Craone

 

Et les Braves Soldats du 17°

 

 

 

J'entends les Canuts

 

Et la Semaine Sanglante

 

Jan Petit revient de loin

 

Qui donne la main à la Canaille

 

 

 

 

Des mots de ventres creux

 

De têtes serrées en étau de misère

 

La résonance des voix de ceux

 

Qu'on vouait au silence

 

A l'humble acceptation

 

De leur sort ici-bas

 

 

 

Toujours je les entends

 

Depuis l'enfance

 

Résoner

 

 

Ils sont venus tout seuls

 

Lestés de leur naïveté

 

Du poids des rêves

 

Jamais réalisés

 

 

Assourdis des rires

 

Des moqueurs bien assis

 

Déformés du mépris

 

Des penseurs bien nourris

 

 

 

Dans un repli de gènes

 

Doit se nicher une graine

 

De mémoire ancestrale

 

 

 

Des peurs et des colères

 

Des espoirs et des rêves

 

 

Les pieds crottés

 

Les ventres creux

 

Les yeux haves

 

Les mains déformées

 

Par la terre et l'acier

 

Les bouches rongées

 

Par la faim et le silence

 

 

 

Une longue chaîne

 

Le premier maillon

 

Se perd dans le temps

 

De ceux qui ne gagneront

 

Ni aujourd'hui

 

Ni demain

 

Ni ne gagnèrent hier

 

 

 

Mais qui

 

 

Va savoir pourquoi

 

 

S'obstinent en bêtes de somme

 

A ne pas lâcher prise

 

A ne rien abdiquer

 

Du désir

 

D'être debout

 

 

 

 

 

Et toujours le chantent

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Temps des Hommes
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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 07:49

evolution.jpg

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D'abord, il n'y a que la lumière

 

Comme une ombre dorée dans la rue

 

L'impression vague d'un air plus sec

 

Poussiéreux

 

Et puis

 

Vite

 

Cette odeur de bois brûlé

 

Incongrue, impossible

 

En plein centre ville

 

De dorée, la lumière a viré au métallique

 

Une transparence trouble

 

Et le vent en tourbillon

 

 

Au bout de la rue

 

J'ai regardé les collines

 

Il y avait des couleurs magnifiques

 

Irréelles

 

Et sur le gris vert des garrigues

 

Comme des éclats de soleil en plein midi

 

 

Le ciel s'est assombri d'un coup

 

Les tourbillons de poussière

 

Se sont accumulés au ras des murs

 

 

Les gens sur le trottoir s'arrêtaient

 

Levaient les yeux vers le ciel

 

Tournaient la tête vers la colline

 

Et tous se taisaient

 

Et tous avaient compris

 

 

Pendant des heures

 

La cendre a volé

 

Avec ce parfum de romarin brûlé

 

 

Elle s'est déposée partout

 

Jusqu'au fond des gorges serrées

 

Étouffant jusqu'à la colère

 

Asséchant les larmes de rage

 

 

Pendant des heures le bruit des canadairs

 

A rythmé le temps

 

Les camions qui passaient

 

Sirènes hurlantes

 

Déchirant la lumière

 

 

C'était un bel été

 

La colline brûlait

 

 

 

 

Et moi

 

Moi

 

Je restais là

 

Plantée sur le trottoir

 

A regarder ma ville

 

Se parer d'une improbable

 

Couronne de flammes

 

Si près

 

Si loin

 

A imaginer ce qui pouvait se passer

 

Et où l'enfer s'arrêterait

 

 

 

Tous les ans

 

Chaque été

 

A chaque vent

 

A chaque matin trop chaud

 

Quelques instants la même peur

 

Qui prend au ventre

 

La même rage

 

La même colère

 

 

Lundi

 

ça a recommencé

 

Un peu plus loin

 

Au creux d'un paradis

 

Qui n'avait pas mérité ça

 

Qui avait déjà plus que son lot

 

De peines et de souffrance

 

 

 

Et j'ai senti en moi

 

Les larmes des amis

 

La peur et l'impuissance

 

Qui ont été les leurs

 

Toute une nuit

 

Et encore un matin

 

 

 

Bien sûr

 

On va nettoyer

 

Balayer

 

Replanter

 

La vie va reprendre

 

Le temps va continuer

 

Mais rien ne permettra

 

D'oublier ce ventre qui se tord

 

Au parfum de la colline en feu.

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

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Published by Sardine - dans Temps des Hommes
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 10:24
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Quand j'étais petite

Mon papa m'apprit

Que Dieu était mort

Et qu'il en était bien ainsi

De Marx il n'avait gardé

Que l'opium du peuple

Là, il se reconnaissait



L'Histoire lui était la preuve

Que l'humanité progressait

Et il pensait vraiment

Voir un jour la fin des frontières


Trompé de siècle

Le cher homme

Trompé d'espérance


Dieu n'a jamais été aussi en forme

Ses commerciaux se la pétent fort

Les critiquer relève de l'intolérance


L'Histoire se reboucle en elle-même

L'Humanité régresse à grands-pas

Les frontières se hérissent

Les bien-pensants se congratulent



Et je me dis qu'il a bien fait de mourir

Avant de voir ce siècle peu reluisant

Paradis des croyants

Enfer des rêveurs




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Published by Sardine - dans Temps des Hommes
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 13:07
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Il en est du militant tant engagé
Du combattant de clavier
Comme de la mouche du cocher

Il pense, il sait, il dit
Sa parole est vivante
Tel le foudre de guerre
Il pourfend, il occit
De ses lames étincelantes
Jette l'ennemi à terre

Et du haut de sa pure vérité
Accable ta poésie
De son indifférence
Pas même outragée.

Tu es le pitre, le piètre
L'insignifiant inutile

Toi, tu sens
Aux lendemains
Des peut-être

Lui, sait
Que sans lui
Il n'y aura rien

Pendant ce temps,
Le monde va
Parfois plus mal
Que cahin-caha
Parfois mieux
Que l'on pouvait rêver

Il se construit  déconstruit
Se tricote infini
Maille à maille
Son à note
Lumière et couleur
Ombre et noir

Petits morceaux de riens
Entassés ex-votos
D'instants de pur réel
Insignifiants machins
Tisseurs de liens

Joue

J'entends ta musique
Je ne suis pas la seule

Et laisse-les
S'écouter
Les échos des uns
Dans le nombril des autres




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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 05:52
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Le rose pour les filles

Le bleu pour les garçons





C'est comme ça

Et c'est pas autrement



La question qui se pose alors


C'est depuis quand ?

Et puis pourquoi ?

Et ça vient d'où d'abord ?





Le plus drôle

C'est qu'il y a des réponses



Allez

Je vous laisse les trouver

Je ramasse les copies ce soir

Et je fais le corrigé demain



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Published by C'est Elle - dans Temps des Hommes
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 06:10


 "   N'importe quel militant de n'importe quel pays vous dira que, si vous voulez faire tomber un gouvernement, vous devez être prêts à vous faire casser la figure. Et, pour cela, il faut commencer par sortir de chez soi, les enfants. Sinon, c'est votre grand-mère qui continuera à décider de votre avenir en allant consciencieusement déposer son bulletin dans l'urne pendant que vous faites joujou avec vos souris. "



Article trouvé au hasard des blogs parlant d'Hadopi, chez Antonin, que je ne connaissais pas.






Il faudra bien se décoller de nos claviers


Et nous mettre en danger



Cesser de se penser


En conscience éclairée



Cesser de s'imaginer 


Indispensables


Incontournables


Irremplaçables


Indépassables




Nos luttes n'auront de sens et de poids

Que si nous devenons

De réels combattants


Et si je crois

Comme vous

A la force de l'échange

Au combat par les mots

Et les savoirs



Je sais qu'il ne suffira pas



Il y aura du sang, de la sueur, et des larmes

Ce n'est pas très original

Mais c'est inévitable.





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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 06:29
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Je ne sais pas

Ce qu'il faudra faire


Je ne sais pas

Si je saurais le faire


Je ne sais pas

Quand cela commencera



Mais le temps tourne

Et j'attends




Je sais que c'est pour bientôt

Et que je serais là



Quand les mots

Ne suffiront plus




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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 13:04
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Ceci est une histoire vraie

Par souci de discrétion

Disons qu'elle s'est déroulée

Dans une Grande Ville

Sans plus en dire



Un soir tard

Les bénévoles d'une association de défense des étrangers

Entendent frapper à leur porte

Et surpris

Accueillent un homme affolé

Encore sous le coup

De ce qu'il vient de vivre


Arrêté dans les locaux  d'une préfecture

Où il venait remettre un dossier de régularisation

Il est, c'est bien le moins,

Remis aux mains de la Police Nationale


Silencieux

Peu aimables

Impressionnants comme tout

Dans leurs grands uniformes

Bleu de nuit noire

Les pandores l'embarquent

Et le bouclent au fond de leur commissariat



Une, puis deux heures se passent

Personne ne l'interroge

Personne ne lui demande rien


La nuit venue

Deux fonctionnaires 

Viennent le voir

Porte fermée derrière eux


Sans un mot

Ils l'embarquent

Et le guide

Dans un dédale de couloirs


Arrivés devant une porte fermée

L'un des deux

Lui glisse un papier dans la main


Et ouvre


Dans le silence évident

Après quelques pas hésitants

L'homme se retourne


A vingt mêtres de lui

Dans l'obscurité de la ruelle

La porte se referme avec discrétion


Au fond de sa poche

Dans sa main bien serrée

L'adresse d'une association

Et un ticket de bus






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Découvrez !
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 16:10

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Il a osé


Il ne lui manquait plus qu'eux


Et comme d'habitude


Faut qu'il caviarde

Qu'il traficotte

Qu'il détricote

Qu'il nous ballade

A travers une Histoire

Qui n'est plus la notre



L'avait déjà fait le coup

Au Guy Moquet

Au Jean Moulin


Mais eux quand même

Comment faire ?

Comment les barbouiller ?


Les déranger

Les déterrer

Leur faire le dernier affront


Et bien il a trouvé

En notre nom à tous

Il leur a pardonné !!!

"la plupart"

Admirez la restriction lexicale

N'ont pas pu tenir !

C'était trop dur pour eux !



Il est bien bon...




Mais les mutins l'emmerdent

 

Non



Ils n'avaient  pas craqué

Ils n'avait pas flanché

Ils étaient prêt à y retourner

S'il n'avait été affaire

Que de courage

Ils en avaient

Bien à revendre



Juste


Etait devenu clair

A leurs yeux déssillés

L'absurdité sans nom

L'inutile gâchis

Le vomi infame

Des usines d'armement

Qui ne cessaient jamais

D'enterrer leurs printemps


Ils étaient libres et conscients

Ni lâches

Ni bêlants


Hommes debouts

Retrouvant la puissance

Du cri



C'était de l'engagement



Un choix politique

Un pari que le temps

Pouvait se renverser

Si tous refusaient

Une fois de plus

D'y aller





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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 12:42
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Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours et sans trompettes
On s'en va là-bas en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Nos pauvr' remplaçants vont chercher leurs tombes

- Refrain -

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Et les camarades sont étendus là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, nous, les trouffions
On va se mettre en grève
Ce sera vot' tour messieurs les gros
De monter sur l'plateau
Si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

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