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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 07:46

.

 

 

 

Quand il n'y a plus rien

 

Ou si peu

 

Sourire crispé mécanique

 

Reste de devoir d'affection

 

Réminiscence des liens

 

Souvenir vivant des rires

 

 

 

 

Quand il n'est plus possible

 

De se dire

 

Patience distraite de l'écoute

 

De celui qui sait déjà

 

Ce qui pèse

 

Ce qui abat

 

Echo ancien des gestes consolants

 

 

 

 

La douleur peut enfermer le cri

 

Comme elle peut le répandre

 

Se muer en morsures

 

Ou s'épancher en larmes

 

 

 

Honte à qui ne sait pleurer

 

Poliment

 

 

Comme un pauvre méritant

 

Il faut  une tristesse présentable

 

 

Aimable

 

Acceptable

 

Ni hargneuse

 

Ni hurlante

 

 

 

Permettre à l'autre de se sentir bon

 

Lorsqu'il vous tend la main

 

 

 

Avoir la larme esthétique

 

 

 

Ou rester muré dans le silence

 

Du cri de peur imprononcé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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commentaires

irrégulière polyvalente 19/03/2011 03:16


À raconter ma vie, j'en oublie de te répondre : oui, mon pseudo vient bien d'un de tes textes :) Je cherchais lequel choisir quand il m'est venu à l'esprit - va donc savoir pourquoi - ce court
dialogue que tu avais écrit et qui m'avait tant plu (comme bon nombre de tes textes, sans vouloir te flatter). Et comme je n'avais pas trop envie de me prendre la tête pour un pseudo, paf, j'ai
choisi celui-là. Il ne me correspond pas vraiment, mais il correspond pas mal à ce que je dois être pour "mon autre".


irrégulière polyvalente 19/03/2011 03:11


Il s'agit bien pour moi aussi d'une amitié mourante et pas d'une histoire d'amour. Même si, oui, nous étions aussi amants, c'est sa tendresse envolée, la complicité disparue qui me blessent. C'est
de constater que son intérêt pour ce que je suis et ressens s'est plus qu'émoussé, qu'il ne veut plus savoir, qu'il est fatigué de moi, de mes rengaines. C'est surtout de découvrir que pour ne pas
le faire fuir, se fermer, s'éloigner plus encore, je devais retenir mon cri, lui rendre ma douleur présentable, à lui aussi. Que je devrai désormais porter un masque avec lui avec qui je pouvais me
mettre à nu... Je ne peux pas, pas avec lui, je ne saurais pas faire ou ce serait trop douloureux, ça me rongerait en dedans.

Il n'est pas, n'a jamais été un amoureux, et si il aimait jouer à "on ferait comme si on serait amoureux mais on le serait pas" je ne me suis jamais mentie à ce sujet. Il est pour moi avant tout un
ami, un ami que j'étais heureuse d'avoir dans un coin de mon coeur, dans un coin de ma vie, et qui à perdu la tendresse qu'il me portait, tête en l'air qu'il est. Je l'aime, oui, mais je n'en suis
pas amoureuse. Je l'aime, c'est tout. Et je n'ai jamais plus attendu de lui que ce qu'il avait à m'offrir jusqu'à ce que je comprenne qu'il n'avait plus rien ou presque à m'offrir...


Sardine 16/03/2011 08:51


Après, ce que tu décris ici ressemble à ce que je nomme une relation d'amis-amants et il s'agit d'une forme très délicate de rapports humains. A manier avec beaucoup de précautions et sans y
chercher ce qu'elle ne peut offrir. L'ami-amant n'est pas et ne sera jamais un amoureux, il ne faut pas attendre de lui plus que ce qu'il offre. Il ne faut pas s'y mentir à soi-même.


Sardine 16/03/2011 08:43


Chaque histoire humaine est différente. Chaque lecture de chaque histoire l'est aussi. J'avais envie ici de parler d'un vieux rapport d'amitié qui s'étiole en ce moment pas d'une histoire d'amour.
Mais le ressenti est sans doute proche. Malgré tout, je voulais plus parler de l'incapacité qui est la mienne à dire de façon civilisée mes angoisses et mes peurs que de l'éloignement amoureux.
Ps : ton pseudo me fait rigoler :-) Je me trompe où tu l'as chopé dans un de mes vieux textes ?


irrégulière polyvalente 16/03/2011 02:57


C'est troublant combien tes mots font écho à mon ressenti, écho à ma souffrance de voir "l'autre" - "mon" autre, un des hommes de ma vie - mettre sans même s'en rendre compte cette distance entre
nous lors de la plus récente de ses trop rares visites. Ils font écho à mon cri silencieux face à son sourire crispé mécanique, à sa sollicitude polie, "patience distraite de l'écoute de celui qui
sait déjà", à ses phrases toutes faites avec lesquelles il croit pouvoir apaiser une douleur qu'il ne veut pas entendre, qui le fatigue, qu'il préférerait tellement que je lui taise... Chacun de
tes mots, chacune de tes phrases ici me parle, me raconte ma blessure, ce cri retenu, enfermé, qui déchire à l'intérieur.

"Permettre à l'autre de se sentir bon lorsqu'il vous tend la main, ou rester muré dans le silence du cri de peur imprononcé"... sinon rien ne va plus, sinon ça dérange, "on" veut bien être gentil
mais il ne faut pas en abuser.

Quand il n'y a plus rien, ou si peu, quand la tendresse de l'autre a disparu ou lui est devenue un effort visible, je crois qu'il faut en rester là et ne pas se leurrer à espérer pouvoir
reconstruire ce qui n'existe plus. Même si c'est douloureux aussi, mieux vaut faire une croix sur lui pour ne pas gâcher ce souvenir encore vivant des rires, des liens, de la complicité, pour
rester sur les bons souvenirs qui subsistent encore avant que trop de déception et de frustration répétées, trop d'espoirs déçus les effacent ou les transforment en rancoeur.

C'est ce qu'il me semble en tout cas, que même si on en souffre aussi on doit se sentir plus forte en prenant cette décision de lâcher l'affaire et se faire une raison plutôt que d'espérer et
subir, on doit avoir moins mal à l'idée de voir l'autre s'éloigner.

Je n'en suis pas tout à fait là, c'est encore trop frais, mais j'y travaille. Et si tout se passe bien, bientôt cette douleur ne devrait plus être que de la nostalgie... si lui me laisse faire,
s'il me laisse m'éloigner à mon tour, si je trouve le courage de résister à ses pièges, à un faux retour de tendresse pour me faire renoncer... Parce que lui bien sûr ne veut pas me perdre, c'est
tellement pratique pour lui de m'avoir !
Lui voudrait ma tendresse sans plus avoir à me donner la sienne, quand il en a besoin, s'il en a besoin, et que je ne lui parle pas de souffrance, insatisfaction, ou quoi que ce soit qui pourrait
un tant soit peu le contrarier. Rien que ça.

Je suis de tout coeur avec toi, amie Sardine.