Qu'est-ce que je peux écrire comme conneries sentimentalistes quand j'ai pris l'apéro...C'est pas croyable
Je ne renie rien du texte précedent
Mais quand même
Le rosé
C'est dangereux
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Le changement va être brutal
Les autochtones sont particuliers
Le climat d'altitude m'effraie un peu
Pourrons-nous nous adapter à de nouvelles coutumes ?
Une nouvelle culture ?
N'allons-nous pas nous perdre dans cet espace inconnu ?
La découverte sera intense
A l'échelle de nos nouveaux pouvoirs
N'empêche comment je vais faire, moi ?
La prochaine fois que je perdrais une lettre
Un livre ou une chaussette
Il me faudra les retrouver
Dans plus de cent mêtres carrés
Plus une cave aménagée en pièce indépendante
Avec deux chambres immenses
Qu'on pourrait presque y mettre ma yourte en entier
C'est trop dur parfois
C'est vrai quoi
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Bien
Puisque tout le monde suit
Que vous avez enfin compris
De quoi que je cause
Allons-y
Donc Ginette
Et Marcel
Etudions de suite le premier cas de figure, celui où Marcel pête un câble :
Disons qu'ils vivent ensemble depuis genre dix ou vingt ans
Et qui ayant fait le tour de leur couple se séparent
Et là
De suite
Une énorme différence apparait :
Dans la plupart des cas Marcel préferera faire l'autruche et attendre en bouffant des chips sur son canapé que le temps s'écoule et que personne ne vienne le faire chier.
Ginette par contre supporte mal la fin de son Grand Amour et ne conçoit pas de rester à laver les chaussettes d'un bonhomme qui franchement ressemble de plus en plus à un
ectoplasme qu'au prince de ses vingt ans.
Vous me direz, y'a qu'en même pas que des femmes pour prendre la décision de partir, non ?
Ben, dans la plupart des cas, si.
Parce que tout changer, tout quitter et essayer d'aller vers autre chose, c'est fatiguant, éprouvant et angoissant.
Et que Marcel, l'angoisse c'est pas son truc.
Vaut bien mieux attendre que ça se passe et profiter du canapé.
Et de la cuisine, de la lessive, de la garde d'enfants et de la gestion administrative de la famille.
Parce que soyons lucides : garder les enfants, remplir le frigo quand il est vide, vider l'évier et passer la serpillère, hein, c'est quand même pas très viril.
Et Marcel, sa virilité, il y tient.
Parce que quand même
Sans sa virilité
Il n'est plus qu'une gonzesse comme les autres.
Donc, Marcel s'écrase mollo devant sa télé.
Une seule chose peut le décider à rompre ce fragile équilibre :
L'arrivée dans sa vie d'une autre Ginette
Que nous appelerons Georgette
Georgette c'est le printemps, la vraie vie, l'intérieur de l'authenticité de son moi intime d'homme moderne bailloné par cette socièté cannibale où jamais, jamais ce pauvre homme
n'a pu déployer ses ailes d'oiseau sauvage planant libre dans le ciel d'azur.
Pis en plus, Georgette, elle le trouve beau le Marcel, pis désirable, pis si intelligent, pis si fort aussi.
Et elle jeune et toute fraiche la Georgette, ça le change.
Tout cela parait bien classique n'est-ce pas ?
La jeune demoiselle un peu naive, la femme énervée de se taper tout le boulot, le mec qui se sent vieillir et cherche à se souvenir de ses jours glorieux ?
Oui, c'est très classique
Mais comme tous les vrais classiques, les mythes et les légendes, il y a là un grand fond de vérité.
Vous n'en avez jamais rencontré des comme ça ?
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