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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:24

 

 

Les mots ne viennent plus, ils se bousculent et s'emmèlent tant qu'il n'arrivent plus à sortir.

Les doigts sont lourds et bloqués, la voix râpe et accroche.  

Il y a la fatigue qui plombe le dos et ce poids sur la poitrine qui bloque le souffle. 

Plus envie d'expliquer, ni de justifier mes douleurs ou mes différences. 

Plus envie de recevoir de leçons ni de remercier pour les miettes qui me sont octroyées.

Se détacher de ce qui, de toutes façons, ne sera jamais, ne sera plus, n'a jamais été que dans mon monde déformé, ma vision faussée.

Admettre l'impossibilité d'être et attendre que cela passe.

Les liens se sont défaits, ils étaient si peu tissés de réel.

Mes rêves d'humanité se sont mangé les murs.

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 14:55

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Mon monde a explosé il y a quelques années en une ribambelle d'écrans branchés d'un bout du monde à l'autre.

De cet environement nouveau, certains me disaient de me méfier.

Il était le Diable, la Trahison et le Mensonge à lui tout seul.

L'humain n'y existait pas, il était faussé, dissimulé, malsain.

Forums d'abord puis blogs puis réseaux sociaux, d'année en année, le monstre se transformait et étendait ses tentacules.

Dieux de tous les temps et de tous les espaces, j'allais me perdre, me fourvoyer dans le malheur volontaire.

Alors que le monde réel est si beau et pur, si innocent et sincère.

Que pouvais-je bien trouver à travers cet écran maléfique ?

 

Ouais, moi, j'veux bien.

 

Mais, à l'époque de mes premiers forums, coucou le Psikobar, je vivais une impasse réelle et emplie de monde où la solitude de mon cerveau commencait à me transformer en alien neurasthènique.

Et j'ai commencé à rire tous les jours. A me disputer aussi, à m'émouvoir parfois.

J'ai croisé de parfaits connards et des êtres merveilleux, des compagnons de cuites et des discussions philosophiques sans fin.

J'y ai aussi trouvé des amitiés, coucou le Vazy, des amours même, coucou le, non, ça je ne vous le dirai pas.

Il y eut aussi des manques soudain, des trous dans l'eau qui ne se refermaient pas.

 

Le premier vint tôt. Un grand silence soudain dans la forêt québecoise. Un grand frère rigolard, manieur d'images et de mots, un grand concentré de tendresse ironique. Au revoir, Ray, que le vent des grands bois te berce doux.

 

Le dernier est si frais, si ténu et puissant à la fois qu'il est encore difficile d'en parler. Une élégance irrévérencieuse, une culture à te laisser béat, une générosité visible même sur un écran de téléphone, des mots échangés, égrénés entre un apéro et une fuméé bleutée. Au revoir Dame Françoise, puisse les fleurs de ton jardin parfumer ta route entre deux rires.

 

Au cours de ces dix années, le réel ne m'a jamais paru plus fort, ni le virtuel plus lointain. L'humain y est le même et comme en l'auberge espagnole, je continue à croire que l'on y trouve ce que l'on y amène.

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 07:28

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Je perds le sens du beau comme on perd le sens de l'ouïe

Petit à petit il se brouille comme se brouille la vision parfois

Avec lui s'effiloche le sens du temps et de l'espace

Est-il possible de perdre le sens de l'être ?

Peut-on ne plus ressentir l'importance du monde ?

 

C'est une sensation étrange

Un engourdissement des pensées

Un éloignement des sentiments

 

Je me souviens des couleurs du monde

Sans plus pouvoir les distinguer de la grisaille

J'ai mémorisé les émotions de la colère et de la joie

Et jour après jour, j'essaie de les ressentir

Je bricole, j'accomode, je tatonne d'une canne imaginaire

Les rues encombrées des passions et des peurs

 

Mais la logique grignote ma tête et couvre mes mains d'un voile de cataracte

Il est difficile d'avancer sans ressentir

Il est difficile d'avancer sans foi

Quand l'inanité des êtres et du temps 

Remplace peu à peu l'émerveillement d'être.

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 06:13

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J'aipas le temps

Je cours tout rond

Pas le temps d'écrire 

Mais ça va pas durer

C'est promis

En attendant ces quelques mots

En passant

 

 

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Published by Sardine
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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 07:48

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J'ai le deuil colérique et violent

Méprisant et dur

 

Chaque mort approfondit mon mépris pour la vie

Cette arnaque qu'aucun chef de pub n'aurait osé inventer.

 

Sans autre but que se perpétuer elle-même

Capable de te faire croire que tu existes

Alors que tu n'es là que pour elle

Pour que se poursuivre encore et encore

Ce manège

 

Mais toi, toi dans tout ça, coincé entre les amibes et tes descendants ?

Toi, tu représentes quoi ? Tu sers à quoi ?

Rêve pas, toi, tu n'existes pas.

 

Du coup, t'as sacrément intéret à inventer des tas de bonnes raisons de vivre et de quoi

donner un sens à ta mort

Les Dieux, l'honneur, le destin, le machin et le truc, la famille et l'amour

Tout est bon pour te faire oublier cette simple vérité

Il n'y a pas de raisons d'être et la question du prince du Danemar n'a pas de sens

Comme le reste, elle n'est que paravent au vide del'avant et de l'après

Ferré disait, " Il n'y a plus rien ", mais il n'y a jamais rien eu

S'en apercevoir te laisse les mains vides et le ventre noué d'angoisse

Mais détaché enfin de tous les espoirs et de toutes les ambitions

 

 


 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 07:41

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A la bourrasque entêtante

Aux rafales hurlantes                         

A ce noeud glacé plié au ventre

 

Au soleil indifférent

Au bleu inaccessible

Aux vols indolents des gabians

 

L'oeil te dit le printemps parfait

Et la peau frissonne d'un froid d'hiver

Impuissant désir de chaleur

Frustration mordante

A qui regarde dehors

A l'abri du carreau

 

Charlatan trompeur

Déguiseur de ciel

Escroc de haut vol

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 06:58

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Il y en a toujours un de Baumugnes. Toujours.

Un qui est là quand les grands esprits contemplent leur tristesse ou leur noirceur.

Un qui est là pour ramasser les débris de la fête et nettoyer les restes.

Remettre les choses délicatement à leur place, sans se plaindre,

sans attendre d'être devant. 

 

Souvent il est invisible ou presque. On ne se souvient pas toujours de son nom.

On ne le cherche que lorsque le besoin se fait sentir de recevoir de l'aide.

Puis on l'oublie dans sa simplicité.

La simplicité ne fait pas recette.

Elle manque de panache.

 

Celui de Baumugnes se contente de voir passer le temps sur sa montagne.

Il est heureux et malheureux de la vie des autres.

Il frèmit de peur lorsque nous allons mal et reste là à nous tenir la main.

Sans mots inutiles.

Il avance chaque jour dans son petit chemin, sans public, sans projecteur.

 

Il est facile à moquer avec ses grandes mains si ouvertes.

Son regard si clair que l'ombre n'y trouve place.

Et puis, celui de Baumugnes, c'est pas le genre à défendre son image.

A batailler pour son bout de gloire.

On n'y prête pas plus d'attention qu'à un chien fidèle, sa présence va de soi. 

 

Pourquoi se géner ? Il est là pour porter la traîne, nettoyer la route, écarter les ombres.

Il est là pour payer la livre de chair qu'il n'a pas engagée. 

 

Ceux de Baumugnes restent seuls à la fin et portent le poids de nos renoncements.

De nos ambitions démesurées de fils des dieux.

Nous en avons tous un ou une autour de nous.

Mais il faudrait pour les voir, contempler leurs yeux face à face.

Et nous les prenons si souvent de haut que nos regards glissent, ignorants.

Si loin au-dessus d'eux.

 

Prenez-en soin, ils sont la meilleur part de l'humain.

Celle qui sourit et console, celle qui plante et nourrit.

Celle qui berce les douleurs que parfois ils ne peuvent comprendre.

Mais qui jamais ne lâche. 

 

Ils sont les mains qui restent vides quand notre orgueil imbécile les méprisent.

Plantés face au soleil, ils restent debout quand nos égos nous mettent à genoux.

Ils sont ceux qui se déchirent de nos souffrances.

Ils partagent leur pain, ne gardant que les miettes.

 

Ils sont le sel de la terre.

 

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 07:55

 

 

J'avais quinze ans et je croyais aux mots

L'ennui disputait le vide

L'âpre creux au ventre

L'étrange douceur d'attendre

 

Vint le temps de vivre

Je ne le vis pas venir

Et les mots toujours

Remplissait l'attente

Dessinaient l'avenir

En danseur de corde

 

Le saut merveilleux

N'eut pas lieu

Ni trompettes 

Ni violons

L'errance étonnée

Le vide en attente

 

Je n'attends plus

Le creux s'est empli

De silence figé

En cristaux

La lumière danse

Tranquille

 

 

 

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Published by Sardine - dans Mémoires vives
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 12:17

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J'avais besoin de vous

J'avais besoin des mots qui rassurent les enfants

J'avais besoin d'entendre des choses un peu mièvres

J'avais besoin d'imaginer des mains et des épaules

 

Oh, je le savais bien qu'il ne tenait qu'à moi

De résoudre les problèmes

De remonter la pente de boue glissante

De prendre à bras le corps le cours de ma vie

 

Mais pour un petit moment

Je rêvais d'être au chaud

Bercée et consolée

En adulte mal grandie

En enfant apeurée

 

Je ne voulais pas vous faire porter

Le poids de mes erreurs

Je ne cherchais pas à me défausser

De mes responsabilités

Enfin retrouvées

 

Mais pour un moment

Un petit instant

Avoir droit encore à l'épouvante

Et appeller au réconfort

Des voix qui chuchotent

Et des bras qui bercent

 

Pour un instant

Me mettre à l'abri

Des cauchemars du réel

 

Je ne voulais que ça

Le droit de pleurer ma peine

Et ma peur

 

 

 

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Published by Sardine - dans Angst
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 09:13

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Elle est venue si légère dès le premier instant, sans douleur, sans problème.

L'humeur douce, égale. Sans souci, les jours coulaient.

Avec juste parfois, ces peurs inconnues qui surgissaient, ces angoisses sans cause.

Et la peur du temps aussi un peu, le souci de l'autre, de son regard.

Mais si peu de place donnée à elle-même.

Elle a grandi dans nos mensonges, nos manques, nos immaturités conjuguées,

nos exigeantes fêlures.

Avec lui qui ne savait pas donner et moi qui ne savait pas tenir.

Pas de magie de l'enfance, pas de fées ni d'imaginaire embellissant le monde.

Parce que ceux qui l'avaient amenée là étaient si peu réels qu'il fallait bien

que quelqu'un le soit.

Et ce fut elle avec ses petites mains qui tint notre monde à bout de bras.

Continuant à croire en nos forces avec une foi de charbonnier.

Combien d'enfants ancrent leurs parents, combien tombent de nous tenir debout,

combien payent nos rêves tous les jours et en oublient les leurs ?

Par un amour fou, une confiance totale et mal placée.

Lorsque vient le temps de comprendre, ils assument ce que nous sommes comme

nous ne l'avons jamais fait et portent nos sacs.

Qu'ils finissent par partir ou restent à faire semblant de croire à nos mensonges, ils portent les cicatrices de ces blessures que nous leur infligèrent.

 

 

 

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Published by Sardine - dans Leis autres
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